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Plan de l'article
Présentation ; Les sources du fiqh ; Les écoles du fiqh (madhâhib) ; Les domaines de compétence du fiqh ; L’application du fiqh
musulman, droit, en arabe fiqh, science juridico-religieuse ayant pour objet l’interprétation de la loi islamique (ou charia) en vue de son application. Dans des sociétés où le spirituel et le temporel sont étroitement liés, le fiqh est ainsi le pendant jurisprudentiel de la loi.
Les différentes sources utilisées par les sunnites (croyants suivant la « voie du prophète ») pour appliquer le droit musulman sont définies et stabilisées au ixe siècle. Elles sont appelées les « fondements du droit » (usûl al-fiqh). Il s’agit des deux sources scripturaires fondamentales de la charia — le Coran (la parole de Dieu, Allah en arabe) et la Sunna (la Tradition prophétique relatant le comportement de Mahomet) —, auxquelles s’ajoute l’utilisation du jugement personnel (ra’y). Seulement un dixième du texte du Coran environ est relatif à la loi et au droit musulman ; pour leur part, les hadiths qui constituent la Sunna répondent dans une plus large mesure aux besoins du droit musulman. Afin de pallier l’absence de réponses dans les textes scripturaires sur nombre de questions relatives à l’organisation rituelle et sociale de la communauté des croyants (la umma), une jurisprudence s’est progressivement mise en place autour des juristes de la première période de l’islam. Ceux-ci ont eu recours à deux attitudes profanes utilisant le jugement personnel, soit par le biais du consensus (ijmâ’), soit par celui du raisonnement par analogie (qiyâs) ; ces pratiques ont été entérinées (plus ou moins selon les écoles de la loi) et sont entrées dans les fondements du droit. Se référant à un hadith rapportant une parole de Mahomet (« ma communauté ne saurait tomber en accord sur une erreur »), le consensus (ijmâ’) est probablement la source profane majeure du droit musulman. Il correspond, selon les écoles juridiques, à un avis unanime sur une question des docteurs de Médine (compagnons du prophète), à celui des docteurs de la période en cours, voire à celui de la communauté des croyants toute entière. Pour sa part, le raisonnement par analogie (qiyâs) consiste à rapprocher un cas en litige d’un ancien cas analogue. C’est tardivement (au début du ixe siècle) qu’il a été codifié, en cherchant la cause d’une loi religieuse et en l’appliquant ensuite à la situation nouvelle. Pour exemple, si la cause de l’interdiction de la consommation de vin (Coran, II, 90) est l’état d’ébriété qu’il engendre, en suivant le raisonnement par analogie, toute boisson fermentée devrait également être proscrite du régime alimentaire d’un musulman (prescription suivie par la plupart des écoles juridiques).
Comme les sunnites, les chiites s’appuient sur le Coran et sur la Tradition prophétique transmise dans les hadiths (dont le corpus diffère quelque peu de la Sunna des sunnites). À ces sources fondamentales de la charia, ils adjoignent les propos de leurs imams (descendants du prophète par Ali), voire ceux de leurs porte-parole (les mujtahids, hiérarchiquement organisés).
Plusieurs écoles du fiqh (maddhab, pluriel madhâhib) ont été constituées au Moyen Âge et sont, depuis, suivies de manière préférentielle par les États islamiques.
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