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  • Littérature de l'âge barqoue en France de Jean Rousset

    Jean Rousset, La Littérature de l'âge baroque en France. La Littérature à l'age baroque en France a été un événement, I'un de ces livres (comme ceux de Raymond, de Béguin ...

  • Baroque littéraire

    Il a inventé des critères d'analyse pour la littérature baroque. La littérature produit de la métamorphose car elle produit du mouvement.

  • Baroque

    Le baroque littéraire. Qu'est-ce que le baroque ? ... Vocabulaire littéraire. Baroque (nom masculin et adjectif, le baroque, style baroque, courant baroque, littérature baroque ...

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baroque, littérature

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Savinien de Cyrano de BergeracSavinien de Cyrano de Bergerac
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La contemplation du désordre et de l’inconstance du monde

Selon l’esthétique baroque, la vie est en effet un théâtre d’apparences où le bonheur est éphémère, l’attachement au monde est une vanité et la hantise de la mort omniprésente. Ces trois thèmes réunissent une bonne part des préoccupations des poètes dits baroques. Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635, dont l’œuvre a été exhumée au milieu du xxe siècle), fait le contrepoint de la frivolité et rappelle à longueur de poème que la vie est quelque chose de fragile car la mort est omniprésente. Dans le sonnet XLIV de son œuvre le Mépris de la vie et Consolation de la mort (constitué de 434 sonnets et datant de 1594), il précise que « Notre vivre n’est rien qu’une éternelle mort […] » et termine par cette phrase sans appel : « Bref, la mort et la vie en tout temps est semblable ». De même, Jean de Sponde dans Quelques poèmes chrétiens (1588) avertit : « Mais si faut-il mourir, et la vie orgueilleuse, Qui brave la mort, sentira les fureurs, […] ». Les guerres de Religion pas si lointaines sont certainement le ferment de cette vision sombre. Agrippa d’Aubigné, dans les Tragiques, narre justement cette période dans toute sa noirceur et se fait le porte-parole de la fragilité de l’existence, rappelant qu’il n’y a pas d’abri sur cette terre et clamant dans le Livre I des Tragiques que :
« Tout logis est exil ; les villages champêtres,
Sans portes et sans planchers, sans portes et fenêtres,
Font une mine affreuse, ainsi que le corps mort
Montre, en montrant les os, que quelqu’un lui fait tort. »
Très mystique, Jean-Baptiste Chassignet fait souvent preuve d’un fort réalisme, et notamment lorsqu’il décrit les aspects physiques de la mort. Dans son sonnet CXXV, il décrit par exemple un corps en décomposition :
« Icy l’une des mains tombe de pourriture, …
Puis connoissant l’estat de ta fragilité,
Fonde en Dieu seulement, estimant vanité
Tout ce qui ne te rend plus savant et plus sage. »
Comme le rappelle l’universitaire Jean-Pierre Chauveau dans Lire le baroque (1997), il est de ceux, avec Agrippa d’Aubigné, Jean de Sponde et quelques autres poètes catholiques ou protestants, pour qui « l’affirmation de la foi et de l’espérance pass[e] d’abord par la contemplation angoissée du désordre et de l’inconstance du monde. »

Par ce biais morbide, Jean-Baptiste Chassignet invite le lecteur à méditer sur la vanité de l’existence et lui recommande de s’en remettre à Dieu. Si le poète baroque propose au lecteur de penser ou de croire, il se pose aussi parfois en médiateur de la vérité. Pour cela, il se veut à l’occasion « enseignant », en amenant le lecteur à apprendre, et souvent directif. Cependant, pour certains, la finalité première est d’émouvoir, en utilisant tous les moyens, qu’ils soient narratifs ou stylistiques, comme Agrippa d’Aubigné l’explicite dans la préface des Tragiques en écrivant : « Nous sommes ennuyés des lignes qui enseignent, donnez-nous en pour émouvoir […] ».

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Le baroque en Europe

En Espagne, le baroque commence dans le dernier tiers du xvie siècle avec la Contre-Réforme. Pedro Calderón de la Barca avec notamment sa pièce La vie est un songe et Lope de Vega, en sont les deux figures principales. Par ailleurs, deux « écoles » se distinguent. L’une d’elles fait primer les phrases amples et souples, privilégiant la forme au fond, comme Luis de Góngora y Argote, avec son style foisonnant. L’autre propose un style plus concis et ramassé. Mais les deux courants se retrouvent sur le goût du jeu de mots et sur l’originalité de la langue employée.

En Allemagne on distingue trois grands thèmes : la culture de la vertu, le défi de la mort et l’importance de l’amour comme remède à la mort. L’homme baroque « se redresse au milieu des ruines et brave l’univers », comme l’écrit Andreas Gryphius (1616-1664). L’individualité est fortement mise en avant et l’homme doit s’affirmer et être conscient de sa valeur.

En Italie, qui est la patrie de l’art baroque, un foisonnement d’œuvres de toutes sortes voit le jour. C’est le roman « baroque » qui fait son apparition tandis que les tragédies, sous l’influence d’un sentiment religieux plus fort, remplacent peu à peu la comédie. En matière poétique, l’extravagance et le merveilleux sont de mise. Giambattista Marino, dont l’œuvre a inspiré de nombreux disciples, en est le principal représentant. Le terme de « marinisme » a même été créé pour désigner un style littéraire empreint de préciosité, qu’ont utilisé d’autres poètes italiens.

Outre Manche, William Shakespeare à travers nombre de ses pièces, où il dépeint tantôt l’irréalité, l’artifice ou l’instabilité du monde, est une figure importante du baroque anglais au théâtre. En matière poétique, le prédicateur John Donne écrit des textes à l’opposé de l’émotion tant demandée par Agrippa d’Aubigné, mettant en avant un style sec et rigoureux et devient le chef de file de la poésie dite métaphysique.

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Légèreté et gravité

C’est à travers des poésies amoureuses ou officielles, tragédies, tragi-comédies ou romans comiques, comme l’œuvre éponyme de Paul Scarron (le Roman comique, 1651-1657) ou précieux, tel l'Astrée (1607) d’Honoré d’Urfé que s’exprime le mélange de légèreté et de gravité qui caractérise la littérature baroque. Les formes employées sont donc nombreuses, souvent nouvelles (le roman). Il faut pour les uns ruser et séduire, afin d’apporter de l’amusement. Pour les autres, il s’agit de marquer les esprits sur les vanités de ce monde où la vie est brève et dont la religion est la seule échappatoire possible. Ce qui les réunit, c’est l’importance accordée à la sonorité des mots qu’il s’agit de faire jouer entre eux pour donner un résonnement particulier. Tiraillé entre son désir d’oublier les horreurs de son époque, l’émerveillement face aux découvertes scientifiques et techniques et la nécessité de faire face à la dure réalité qu’il affronte, l’auteur baroque nous montre un univers où tout est mouvement, métamorphose et inconstance (dont le mythe de Protée est l’exemple parfait de par sa capacité à changer d’aspect), mais également provisoire, tragique et définitif comme la mort dont il acquiert une conscience aiguë.

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