Après s'être échappé de son royaume-prison de l'Île d'Elbe le 26 février 1815, Napoléon débarque le 1er mars à Golfe-Juan. Il gagne alors Paris à travers les Alpes, par une route qui porte depuis le nom de « route Napoléon ». Dès le 3 mars, il envoie son chirurgien Joseph Emmery à Grenoble pour distribuer à ses partisans les proclamations rédigées en captivité. Grenoble, dont les habitants viennent déposer les portes aux pieds de l'Empereur, reste une étape décisive du « vol de l'Aigle ». Comme Napoléon le dit lui-même : « Jusqu'à Grenoble on me traita d'aventurier, à Grenoble je fus prince. » S'il rallie alors une population enthousiaste, la soumission de l'armée se fait plus tard, à Laffrey — où, rencontrant le détachement de Delessart envoyé pour l'arrêter, il déclare : « Soldats, s'il en est un parmi vous qui veuille tuer son Empereur, me voici ! » Le cri de ralliement qu'il reçoit en guise de réponse est le départ d'une marche victorieuse sur Paris qu'il atteint le 20 mars. Néanmoins, il ne recouvre le pouvoir que pour cent jours.
Les Portes de Grenoble apportées aux pieds de l'Empereur par les habitants, estampe coloriée. Bibliothèque nationale de France, Paris. |