À partir de 1820, John Constable, tout en s'inspirant très largement des paysages du Suffolk, commence à élargir le choix de ses sujets, notamment à l'occasion de ses séjours à Salisbury. Familier de la cathédrale gothique, dont il fait plusieurs tableaux tout au long de sa carrière, il en donne ici une vision radieuse : le plan d'eau immobile et la barrière entrouverte, que vient de franchir un couple, forment un premier plan visuel qui permet au peintre de rejeter en arrière le lumineux édifice. La flèche de la cathédrale se détache d'autant mieux qu'elle est encadrée par une haute ogive de feuillage et qu'elle s'inscrit sur un ciel à sa mesure. John Constable considère le ciel comme l'élément fondamental d'un paysage : « Il serait difficile, écrit-il, de citer un type de paysage où le ciel ne serait pas la note dominante, la mesure de l'espace et le véhicule principal du sentiment. »
John Constable, la Cathédrale de Salisbury, 1823. Huile sur toile, 111,8 × 87,6 cm. Victoria and Albert Museum, Londres. |