Entre 1562 et 1598, le royaume de France est déchiré par d'incessantes guerres civiles — ponctuées de brèves périodes de paix — entre protestants et catholiques : les premiers, en nombre croissant, exigent une reconnaissance de leur culte que les seconds, qui le considèrent comme une hérésie, leur refusent. Les protestants alimentent alors inconsciemment les angoisses des catholiques (prise de pouvoir des huguenots, disparition de la monarchie de droit divin, règne de l'impiété, etc.) en tentant d'influencer la monarchie.
Les tensions éclatent finalement au grand jour en une longue et sinistre flambée de violence. Les chefs de guerre des deux confessions, seigneurs féodaux appartenant à la très haute noblesse, défendent de fait autant leur foi et leur communauté que les intérêts de leur maison et leurs ambitions personnelles. Aussi, les batailles entre confessions se confondent-elles bien souvent avec des luttes claniques pour le pouvoir.
Même si l'on compte traditionnellement huit guerres de Religion, ces dernières ressemblent davantage à un long et unique conflit de trente-cinq ans. Les batailles, consistant le plus souvent en de très longs sièges, y sont peu nombreuses et rarement décisives ; l'épuisement des parties est la principale motivation des traités de paix, en fait des trêves de quelques mois ou années. En revanche, les massacres — anarchiques ou organisés, locaux ou à grande échelle — sont perpétrés avec constance et avec une sauvagerie qui a eu peu d'égale dans l'histoire de France. |