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Argument de Mefistofele, opéra en un prologue, quatre actes et un épilogue d’Arrigo Boito, sur un livret du compositeur, créé le 5 mars 1868 à la Scala de Milan.
Prologue dans le ciel
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Nébuleuse.
Les phalanges célestes, annoncées par des sonneries de trompettes, entonnent des chœurs mystiques à la louange du Seigneur (Ave, Signor). Méphistophélès — nom du démon dans l’ancienne légende germanique, incarnation de l’esprit du Mal — se moque au contraire du pouvoir de l’Éternel, le défie, et parie avec lui qu’il réussira à entraîner en enfer le vieux savant Faust, le sage à la recherche de la Vérité. Le pari est accepté. De légères nuées de chérubins encerclent Méphistophélès puis s’éloignent en se dispersant dans le ciel (Siam nimbi volanti).
Premier acte
Première scène. Remparts de Francfort-sur-le-Main.
Peuple, bourgeois et étudiants fêtent le dimanche de Pâques parmi des chœurs et des danses, tandis que Faust, accompagné de son élève Wagner, jouit de ce doux coucher de soleil printanier (Al sauve raggiar di primavera). Mais à la tombée de la nuit, à l’heure où les spectres « s’en vont dans les vapeurs du soir tendre des filets sous les pieds des hommes », le vieux savant et son élève sont effrayés par un moine gris, apparu soudain dans un tourbillon magique.
Deuxième scène. Le laboratoire de Faust.
Il fait nuit. Faust rentre de sa promenade. Le moine gris le suit et se cache dans l’alcôve. Bénissant le calme et la sérénité qui, dans le silence, s’emparent de son esprit, Faust s’apprête à lire l’Évangile (Dai campi, dai prati). Le moine gris sort alors de sa cachette en poussant un cri terrifiant. Puis il se transforme tout à coup, et c’est Méphistophélès qui apparaît, habillé en cavalier. Après un bref dialogue aux répliques pleines de subtilités et de métaphores, Faust comprend tout de suite à qui il a affaire. Moqueur, Méphistophélès proclame son essence démoniaque (Son lo spirito che nega), puis propose à Faust de lui offrir ses services et de satisfaire tous ses désirs sur terre à condition qu’il lui promette de lui vendre son âme et de le suivre dans l’au-delà. Faust répond qu’il ne se préoccupe pas de l’autre vie et accepte le pacte : il est prêt à mourir et à disparaître en enfer si Méphistophélès lui donne sur cette terre une heure de sérénité et de repos durant laquelle l’âme puisse connaître la paix, s’il lui permet d’éprouver la joie suprême d’un instant fugitif. Méphistophélès étend alors son manteau fatal sur le sol, grâce auquel ils s’envolent ensemble vers les aventures promises.
Deuxième acte
Première scène. Un jardin.
Méphistophélès arrange la rencontre entre Faust, miraculeusement rajeuni et connu sous le nom de Henri, et la douce Marguerite (Cavaliero illustre e saggio), tandis que lui-même feint de courtiser Marthe, une veuve d’un certain âge. Faust propose à Marguerite de passer ensemble une nuit d’amour, mais la jeune fille craint que sa mère ne les surprenne. Faust lui remet alors un petit flacon contenant un somnifère qui endormira sa mère sans aucun risque pour sa santé. La jeune fille, d’abord troublée, finit par accepter.
Deuxième scène. La vallée sauvage de Schirk, surplombée par les terribles sommets du Brocken, la montagne des sorcières.
Méphistophélès et Faust s’enfoncent dans la vallée la nuit du Sabbat, pour y assister à la danse des sorcières et des démons. Méphistophélès y trône comme un roi et entonne la ballade satanique du monde, tenant, avec mépris, un globe dans la main (Ecco il mondo). Il jette ensuite le globe par terre. Sur les débris, une danse infernale se déchaîne. Faust est troublé par une vision où lui apparaît Marguerite, le cou sillonné de sang.
Troisième acte
Une prison.
Marguerite, condamnée pour avoir empoisonné sa mère et noyé l’enfant né de sa relation avec Faust, divague, étendue sur un grabat (L’altra notte in fondo al mare). Faust, guidé par Méphistophélès, vient la libérer, mais Marguerite, après un premier moment de joie, retombe dans le délire et invoque le pardon du ciel pour son péché (Spunta l’aurora pallida). Elle meurt, reniant Faust. Des voix venant d’en haut annoncent qu’elle a gagné son salut.
Quatrième acte
Sabbat classique. Sur les rives du Penejos, dans l’ancienne Attique.
La lune au zénith illumine le paysage. Hélène évoque l’incendie de Troie (Notte cupa, truce). Tandis que Méphistophélès comprend qu’il n’a aucun pouvoir sur les divinités classiques, Faust se prosterne aux pieds d’Hélène en invoquant son nom (Forma ideal purissima). Toute cette scène symbolise la rencontre entre l’esprit classique et l’esprit romantique.
Épilogue
Laboratoire de Faust, comme dans le premier acte. Ici et là, les ruines causées par le temps.
Faust, redevenu vieux, est absorbé dans une profonde méditation (Giunto sul passo estremo). À mesure que son esprit se tourne vers Dieu, Méphistophélès se penche au-dessus de sa chaise, tel un cauchemar, et l’exhorte à le suivre à nouveau dans le monde des plaisirs. Tandis que les phalanges célestes chantent les louanges du Créateur, les sirènes apparaissent, appelées par Méphistophélès ; mais elles disparaissent dès qu’une lumière céleste illumine le fond de la pièce. Faust, saisissant l’Évangile, implore Dieu d’éloigner le Démon, puis il meurt en exaltant la suprême beauté de cet instant fugitif. Les chérubins proclament en chœur son salut. Une pluie de roses tombe alors du ciel, sous laquelle Méphistophélès se débat avant de disparaître sous terre.
Source : Teatro alla Scala, http://lascala.milano.it/
Figure dans
Boito, Arrigo
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