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Les quelques aphorismes qui suivent sont extraits des Notes sur le cinématographe de Robert Bresson, où l’on retrouve le style sobre et concis du réalisateur français. Dans sa recherche cinématographique, proche de l’ascèse, Robert Bresson lutte contre les artifices du cinéma en tant que spectacle, affirmant notamment sa préférence pour les non-comédiens qu’il surnomme « modèles ».
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Dans cette langue des images, il faut perdre complètement la notion d’image, que les images excluent l’idée d’image.
C’est dans sa forme pure qu’un art frappe fort.
Supprimer ce qui détournerait l’attention ailleurs.
C’est avec du net et du précis que tu forceras l’attention des inattentifs d’œil et d’oreille.
Tu feras avec les êtres et les choses, nettoyés de tout art et en particulier de l’art dramatique, un art.
Vider l’étang pour avoir les poissons.
À l’assurance des acteurs s’oppose le charme des modèles qui ne savent pas ce qu’ils sont.
Modèle. Tu l’éclaires et il t’éclaire. La lumière que tu reçois de lui s’ajoute à celle qu’il reçoit de toi.
Modèles. Leur façon d’être les personnages de ton film, c’est d’être eux-mêmes, de rester ce qu’ils sont. (Même en contradiction avec ce que toi tu avais imaginé)
Ton film commence quand tes volontés secrètes passent directement à tes modèles.
N’embellis ni n’enlaidis, ne dénature pas.
Musique. Elle isole ton film de la vie de ton film (délectation musicale). Elle est un puissant modificateur et même destructeur du réel, comme alcool ou drogue.
Montage. Passage d’images mortes à des images vivantes. Tout refleurit.
Ni metteur en scène, ni cinéaste, oublie que tu fais un film.
Source : Bresson (Robert), Notes sur le cinématographe, Paris, Gallimard, 1975 / 1988.
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Nouvelle Vague ; français, cinéma ; avant-garde, cinéma d' ; Argent, l' [Robert Bresson] ; Bresson, Robert
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