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Genèse, la Tentation d'Adam et Ève

La conception de l’origine de l’humanité, selon diverses traditions, a longtemps été fondée sur un couple primitif créé par Dieu. Le livre de la Genèse, avec le récit de la faute d’Adam et Ève (III, 1-20), donne une explication de la condition humaine. Après avoir été créé, le couple originel est tenté par le serpent. En goûtant au fruit de l’« arbre de la connaissance du bien et du mal », l’humanité acquiert le libre arbitre, mais en contrepartie, elle est déchue du Paradis et perd les privilèges accordés à son innocence (l’immortalité, l’oisiveté, l’ignorance de la douleur). Les interprétations de la « chute » sont multiples : transgression d’un interdit sexuel ou révolte instituant à l’humanité la compétence à juger souverainement, elle introduit la culpabilité dans la pensée occidentale.

La Tentation d’Adam et Ève (Genèse)

La chute

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. » Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. » La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin. Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il. « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. » Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! » L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! » Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé. »
Alors Yahvé Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
À la femme, il dit :
« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
À l’homme, il dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
À force de peines tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
L’homme appela sa femme « Ève », parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! » Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré. Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.

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Source : la Bible, Paris, Éditions du Cerf, 1988.

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Genèse ; Adam et Ève ; péché originel

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