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Ouvrage essentiel pour la cosmologie, De Revolutionibus Orbium Coelestium ou Révolutions des sphères célestes de l’astronome Nicolas Copernic renouvelle les données de l’astronomie, datant d’Aristote et encore en cours à la veille de la Renaissance. Il définit le mouvement héliocentrique et perturbe la conception du monde de ses contemporains en plaçant le Soleil, et non plus la Terre, au centre du système planétaire. Le premier livre des Révolutions des sphères célestes démontre la sphéricité de la Terre, nécessaire mise en place avant de pouvoir exposer son hypothèse selon laquelle « au milieu de tout repose le Soleil ».
Chapitre I. Que le monde est fait sphérique.
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D’abord il doit être remarqué par nous que le monde est sphérique, soit parce que la forme elle-même est la plus parfaite de toutes, n’ayant besoin d’aucun assemblage, toute en bonne état, soit qu’elle-même soit la plus ample des figures qui convienne pour renfermer toutes les choses et les respecter le plus, soit encore parce que chaque partie la plus disjointe du monde est vue selon une telle forme : je dis le Soleil, la Lune et les étoiles ; soit parce que tout désirerait être terminé par celle-ci, ce qui apparaît dans les gouttes d’eau et dans les autres corps liquides, tandis qu’ils désirent être terminés par soi. C’est pourquoi personne ne douterait qu’une telle forme n’ait été attribuée aux corps célestes.
Chapitre II. Que la terre est faite également sphérique.
La Terre également est sphérique puisqu’elle s’appuie sur son centre par toute partie. Quoique l’orbe ne semble pas sur-le-champ délivré dans une si grande élévation des montagnes et dans la descente des vallées, qui pourtant ne varient en rien la rondeur universelle de la Terre. Ce qui est ainsi manifeste. En effet pour ceux allant souvent de partout vers le Nord, ce pôle de la révolution diurne est peu à peu soulevé, l’autre allant tout autant à l’opposé, et une plus grande quantité d’étoiles vers le Nord sont vues ne pas se coucher, et dans le Sud certaines en plus grande quantité ne pas se lever. [...] Et cependant les inclinaisons elles-mêmes des pôles ont partout la même raison avec des espaces traversés des terres, ce qui n’arrive en aucune autre figure que la sphérique. D’où il est manifeste que la Terre également est enfermée par des pôles, et à cause de cela est sphérique. Ajoute encore que les habitants de l’Orient ne perçoivent pas les manques du Soleil et de la Lune du soir, ni les habitants de l’Occident ceux du matin ; d’autre part les habitants du Milieu voient les premiers certes plus tardivement, les seconds assurément plus rapidement. Il est saisi par les navigateurs que les eaux s’appuient également sur la même forme, puisque la terre qui n’est pas distinguée depuis le navire est presque toujours aperçue depuis le sommet du mât. Et inversement si quelque chose brillant est employé au sommet du mât, il semble descendre peu à peu pour ceux restant sur le rivage, le vaisseau étant avancé depuis la terre, jusqu’à ce qu’à la fin il soit occulté, comme se couchant. [...]
Source : Copernic (Nicolas), Sur les révolutions des sphères célestes, trad. par Jean Peyroux, Paris, Librairie A. Blanchard, 1987.
Figure dans
Copernic, Nicolas ; sciences, histoire des ; cosmologie
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