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Code Hays

En 1922, l’industrie cinématographique américaine crée son propre organisme de censure sous le nom de Motion Picture Producers and Distributors of America (MPPDA, organisation des producteurs et distributeurs américains), dirigé par William Hays. Établi en 1930, appliqué à partir de 1934, le « code Hays » formule un ensemble de règles particulièrement puritaines. Aboli en 1966, ce code d’auto-censure visait à faire face aux critiques de plus en plus nombreuses contre la violence et le sexe à l’écran.

Extraits du « code Hays »

Principes généraux

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1. On ne produira pas de films risquant d’abaisser le niveau moral du spectateur. C’est pourquoi il ne faudra jamais susciter la sympathie du public envers le crime, le méfait, le mal ou le péché.

2. On ne montrera que des modes de vie conformes aux bonnes mœurs, dépendants seulement des exigences du drame ou de la comédie.

3. On ne tournera en ridicule ni les lois naturelles ni les lois humaines et on ne provoquera pas la sympathie pour leur violation.

Applications particulières

I. Les crimes et délits

Ils ne seront pas présentés d’une manière propre à susciter l’indulgence ou à inspirer au spectateur l’envie de les imiter.

1. Le meurtre

a. La technique du meurtre sera montrée de façon à ne pas susciter son imitation.

b. Les meurtres violents ne devront pas être présentés en détail.

c. On ne justifiera pas la vengeance dans les films se déroulant à l’époque contemporaine.

2. Les méthodes criminelles ne seront pas montrées explicitement.

a. On ne détaillera jamais le vol, le cambriolage, le perçage de coffre et le dynamitage de trains, de mines, de bâtiments, etc.

b. La représentation de l’incendie criminel sera soumise aux mêmes exigences.

c. L’usage des armes à feu sera limité à l’essentiel.

d. On ne montrera pas de méthodes de contrebande.

3. Le trafic de drogue sera rigoureusement proscrit à l’écran.

4. L’absorption d’alcool ne sera montrée que si elle est indispensable à l’intrigue ou à la compréhension d’un personnage.

II. Le sexe

On exaltera le caractère sacré de l’institution du mariage et de la famille. Les films ne devront pas laisser penser que les relations sexuelles de bas étage sont de pratique courante ou acceptables.

1. L’adultère, qui peut être nécessaire à une intrigue, ne sera ni traité explicitement, ni justifié, ni présenté sous un jour attirant.

2. Les scènes d’amour

a. On les évitera sauf si elles sont indispensables à l’intrigue.

b. On ne montrera ni baiser excessif ou lascif, ni étreinte lascive, ni positions ou gestes suggestifs.

c. D’une manière générale, la passion sera traitée de telle sorte que ces scènes ne stimulent pas les bas instincts.

3. La séduction et le viol

a. Ils ne seront jamais plus que suggérés, et cela uniquement quand cela apparaît indispensable à l’intrigue, sans que jamais aucune méthode ne soit explicitement exposée.

b. Ils ne sauraient en aucun cas faire l’objet d’une comédie.

4. La représentation des perversions sexuelles ainsi que toute allusion s’y rapportant sont interdites.

5. La traite des blanches ne sera pas traitée au cinéma.

6. Les relations sexuelles entre personnages de race blanche et personnages de race noire sont interdites.

7. Prophylaxie et maladies vénériennes ne seront pas abordées dans les films.

8. Les scènes d’accouchement réelles, même en silhouette (à contre-jour), sont interdites.

III. La vulgarité

Les sujets qui, sans traiter nécessairement du mal, seraient dégoûtants ou déplaisants devront toujours être abordés en respectant le bon goût ainsi que la sensibilité du public.

IV. L’obscénité

L’obscénité est interdite que ce soit en paroles, en gestes, dans les chansons ou les plaisanteries ou par allusions (même lorsque seule une partie du public pourrait être à même de les comprendre).

V. Le blasphème

Le blasphème est interdit. Cette interdiction s’applique aux mots Dieu, Seigneur, Jésus, Christ — à moins qu’ils ne soient employés avec révérence — et toute autre expression impie ou vulgaire, comme merde, zut, putain, enfoiré.

VI. Le costume

1. La nudité totale ne sera jamais utilisée. Cette interdiction englobe la nudité prise de fait ou en silhouette (contre-jour) ainsi que toute allusion lascive ou licencieuse faite à propos de la nudité d’un personnage par les autres personnages du film.

2. Les scènes de déshabillage devront être évitées et ne seront utilisées que si elles sont absolument indispensables à l’intrigue.

3. L’exhibition indécente ou excessive de parties du corps dénudées est interdite.

4. Les costumes de danse taillés pour faciliter une exhibition excessive du corps ou des mouvements indécents au cours de la danse sont interdits.

VII. Les danses

1. Les danses suggérant ou représentant des gestes d’ordre sexuel ou une passion au caractère indécent sont interdites.

2. Les danses qui mettent en valeur des mouvements indécents doivent être considérées comme obscènes.

VIII. La religion

1. Aucun film ou aucune scène de film ne pourra ridiculiser une foi religieuse quelle qu’elle soit.

2. Les ministres du culte en tant que tels ne pourront être des personnages comiques ou des méchants.

3. Les cérémonies de toute religion existante devront être traitées avec précaution et respect.

IX.  Les lieux

L’utilisation de chambres à coucher devra être régie par le bon goût et le tact.

X. Les sentiments nationaux

1. L’utilisation du drapeau devra toujours se faire avec respect.

2. L’histoire, les institutions, les personnages publics et les citoyens des pays étrangers devront être représentés avec équité.

XI. Les titres

On n’utilisera pas de titres salaces, indécents ou obscènes.

XII. Les sujets repoussants

On traitera les sujets suivants en faisant attention à ne pas dépasser les limites du bon goût :

1. les pendaisons ou les électrocutions légalement infligées en punition de crimes ;

2. les interrogatoires musclés ;

3. la brutalité et les scènes d’épouvante éventuelles ;

4. le marquage au fer rouge d’êtres humains ou d’animaux ;

5. la cruauté apparente envers des enfants ou des animaux ;

6. la vente de femmes ou une femme faisant commerce de son corps ;

7. les opérations chirurgicales.

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censure (droit) ; américain, cinéma ; censure (cinéma)

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