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Jules César compose les Commentaires de la guerre des Gaules afin de justifier ses victoires vis-à-vis de ceux qui l’accusent d’avoir entrepris la guerre par ambition personnelle. Suite à l’ultime insurrection des Gaulois en 52 av. J.-C., sa conquête prend fin avec la capitulation du chef arverne Vercingétorix à Alésia après quarante jours de siège. César, en parlant de lui-même à la troisième personne, donne une impression de sérénité imperturbable et de maîtrise de soi exceptionnelle, bien supérieure à toutes les formes déclamatoires latines classiques.
César partit en hâte pour être présent au combat. La couleur éclatante du manteau qu’il avait l’habitude de porter les jours de bataille annonça aux Gaulois son arrivée. En même temps ils virent paraître les escadrons de cavalerie et les cohortes qui les suivaient. Car de la hauteur occupée par eux on découvrait aisément tout le versant de la colline.
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Les Gaulois engagent le combat. Un cri retentit. Un autre répond venant des retranchements. Les Romains, leurs javelots lancés, combattent à l’épée. Tout à coup nos cavaliers paraissent sur les derrières de l’ennemi. D’autres les rejoignent. Les Gaulois tournent le dos. Les cavaliers poursuivent les fuyards. Le massacre bat son plein. Sédullus, général et chef suprême des Lemovices, est tué. L’Arverne Vercassivellaun est pris vivant. Soixante-quatorze enseignes sont apportées à César. Rares sont ceux qui, sortis si nombreux du camp, y retournent sans blessure.
Les assiégés, témoins du carnage et de la fuite de leurs frères d’armes, jugent tout perdu et ramènent leurs troupes à l’intérieur de la place. Alors ceux du dehors abandonnent leur camp et prennent la fuite. Si nos soldats n’avaient été tant accablés de fatigue après l’effort fourni par eux durant toute la journée, l’armée ennemie aurait pu être exterminée jusqu’au dernier homme. Les cavaliers lancés à sa poursuite atteignirent l’arrière-garde vers le milieu de la nuit. On tua beaucoup et on fit beaucoup de prisonniers. Ceux qui purent s’échapper regagnèrent leurs cités.
À l’Assemblée convoquée par lui le lendemain, Vercingétorix expose qu’il n’a pas entrepris cette guerre pour servir ses intérêts personnels mais au nom de la liberté commune. Puisqu’il faut céder à la Fortune, il se sacrifie. Qu’on fasse de lui ce qu’on voudra : qu’on le tue pour donner satisfaction aux Romains ou qu’on le leur livre vivant. Des députés sont alors envoyés à César. Il ordonne qu’on remette les armes et qu’on livre les chefs. Il va se placer sur le retranchement en avant du camp. On y amène les chefs, on lui livre Vercingétorix, on jette les armes à ses pieds. Les Héduens et les Arvernes sont gardés à part, en vue de servir à ramener leurs peuples à de bons sentiments. Les autres sont distribués à titre de butin : une tête par soldat.
Source : Historiens romains, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1968.
Figure dans
César, Jules ; Alésia ; France (histoire) ; mémoires (littérature) ; Vercingétorix ; Commentaires de la guerre des Gaules [Jules César] ; Gaule
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