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Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde (extrait)

Le voyage que Charles Darwin a effectué à bord du Beagle de 1831 à 1836, a été, de son propre aveu, « l’événement le plus déterminant de [sa] carrière ». Durant ce périple qui le mène le long des côtes d’Amérique du Sud, vers l’Australie, puis à l’île Maurice et au cap de Bonne-Espérance, le naturaliste accumule les observations minutieuses, qu’il livre dans ce récit détaillé, publié en 1839. De Noël 1833 à décembre 1834, le Beagle navigue sur les côtes de la Patagonie et de la Terre de Feu, où Darwin, déjà, compare avec intérêt les espèces avicoles.

Voyage d’un naturaliste autour du monde de Charles Darwin

L’oiseau moqueur de Patagonie

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J’ai beaucoup remarqué un oiseau moqueur (Mimus orpheus) que les habitants appellent calandria ; cet oiseau fait entendre un chant supérieur à celui de tous les autres oiseaux du pays, c’est même presque le seul de l’Amérique du Sud que j’aie vu se percher pour chanter. On peut comparer ce chant à celui de la fauvette, seulement il est plus puissant ; quelques notes dures, fort élevées, se mêlent à un gazouillement fort agréable. On ne l’entend que pendant le printemps ; pendant les autres saisons, son cri perçant est loin d’être harmonieux. Auprès de Maldonado ces oiseaux sont fort hardis et fort peu sauvages ; ils visitent en grand nombre les maisons de campagne pour arracher des morceaux à la viande suspendue aux murailles ou à des poteaux ; si un autre oiseau, quel qu’il soit, vient se joindre à eux pour partager le festin, les calandria le chassent immédiatement. Une autre espèce proche alliée de celle-ci, Mimus patagonica de d’Orbigny, qui habite les immenses plaines désertes de la Patagonie, est beaucoup plus sauvage et a un ton de voix un peu différent. Il me semble curieux de mentionner, ce qui prouve l’importance des différences les plus légères entre les habitudes, que, ayant vu cette seconde espèce et ne la jugeant que sous ce rapport, je pensai qu’elle était différente de l’espèce qui avoisine Maldonado. M’étant ensuite procuré un spécimen et en comparant les deux espèces, sans apporter à cette comparaison un soin tout particulier, elles me parurent si absolument semblables que je changeai d’opinion. Or M. Gould soutient que ce sont deux espèces distinctes : conclusion qui concorde avec la légère différence d’habitudes que M. Gould ne connaissait cependant pas. […]

Source : Darwin (Charles), Voyage d’un naturaliste autour du monde fait à bord du navire le Beagle de 1831 à 1836, trad. par Éditions Barbier, Paris, 1875.

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Darwin, Charles ; zoologie ; Terre de Feu ; Patagonie

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