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Il n'est pas rare que l'on se sente perdu, déconcerté ou submergé face à un sujet de devoir. Pourtant, il suffit parfois d'un petit coup de pouce pour se lancer et maîtriser son sujet. Suivez nos conseils pour travailler avec intelligence et efficacité.
Comprendre la poésie : 2. Le rythme
En poésie, on ne peut différencier le fond de la forme : le message vaut par lui-même, les signes et les mots sont palpables, sans autre plaisir que celui du texte. D’après Baudelaire, la poésie « n’a pas d’autre but qu’elle-même ». Il faut donc se laisser porter par la poésie, la lire et faire place aux mots, aux rythmes, aux figures.
Le rythme
Le rythme d’un poème est très important. Il est marqué, comme en musique, par différents procédés.
1. Le vers, unité de mesure du poème
La mesure d’un poème est avant tout marquée par des vers. Le sens étymologique de « vers », qui vient du latin versus est : « faire tourner la charrue », par métonymie « sillon », et par métaphore « ligne d'écriture » ; il s'oppose à celui de « prose », qui vient du latin oratio prosa et qui signifie « discours qui va de l'avant ».
Il existe de nombreux types de vers que l’on regroupe selon le nombre de syllabes qu’ils comptent, le plus connu étant l’alexandrin (12 syllabes). Il existe même des vers qui ne comptent qu'une syllabe : on parle de monosyllabe.
Victor Hugo, les Djinns (extrait)
disyllabe : Tout dort
trisyllabe : Naît un bruit
tétrasyllabe : C'est le galop
pentasyllabe : Qui tourne et qui roule
hexasyllabe : Déjà s'éteint ma lampe
heptasyllabe : L'air est plein d'un bruit de chaînes
octosyllabe : Quel bruit dehors ! Hideuse armée
décasyllabe : Le mur fléchit sous le noir bataillon
2. Le rythme du poème : strophes et formes contraintes
Les vers sont regroupés en strophes. La strophe est l’équivalent du couplet dans une chanson :
une strophe de trois vers est un tercet
une strophe de quatre vers est un quatrain
une strophe de cinq vers est un quintil
La poésie compte de nombreuses formes fixes (on parle aussi de formes contraintes), parmi lesquelles le sonnet est l'une des plus classiques de la poésie française.
Le sonnet se compose de quatre strophes d'alexandrins. Les deux premières strophes sont des quatrains aux rimes embrassées ; les deux dernières strophes sont des tercets aux rimes plates puis aux rimes croisées (ou éventuellement un distique et un quatrain).
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Paul Verlaine, « Mon rêve familier »
3. Le rythme du vers : accent, césure, longueur des syllabes
Dans l'alexandrin, l’accent est placé sur la dernière syllabe du mot. Lorsqu'il se termine par un « e » muet, l'accent est placé sur l'avant-dernière syllabe. Ainsi, un « e » muet placé à la fin d’un vers, devant une voyelle ou un « h » muet, ne se prononce pas : il s’élide (c'est-à-dire qu'il n'est pas comptabilisé comme une voyelle).
La césure, marquée ci-dessus par la double barre oblique (//) sépare le vers en deux parties appelées hémistiches. Elle permet de faire une pause et de donner du souffle à la lecture du poème.
Assise auprès du feu, // dévidant et filant
Direz chantant mes vers, // en vous émerveillant
(Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille »)
La longueur des syllabes est parfois variable :
- 1. certaines diphtongues peuvent être comptabilisées pour une ou pour deux syllabes.
- Ex : le mot « création » peut compter trois (cré/a/tion) ou quatre syllabes (cré/a/ti/on).
- 2. on peut comptabiliser le « e » muet final d'un mot.
- Ex : le mot « ballade » peut compter deux (ba/llad) ou trois syllabes (ba/lla/de).
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