Conseil aux élèves

Il n'est pas rare que l'on se sente perdu, déconcerté ou submergé face à un sujet de devoir. Pourtant, il suffit parfois d'un petit coup de pouce pour se lancer et maîtriser son sujet. Suivez nos conseils pour travailler avec intelligence et efficacité.

Comprendre la poésie : 1. Qu’est-ce que la poésie ?

Qu'est-ce que la poésie ? Est-il possible de définir la poésie ?

On peut trouver un tableau, un dessin, un paysage brumeux, une rencontre « poétiques ». Qu’est-ce que cela signifie ? Souvent, cela tient à une émotion qui nous trouble : nos sens sont éveillés, nos sentiments sont ébranlés, nous sommes profondément touchés.

De ce ressenti à la certitude d'un « indéfinissable », il n'y a qu'un pas : la poésie peut-elle dès lors se comprendre ? Où ne peut-on que la ressentir ?

Car la poésie est ainsi : son langage n'a pas pour objet de faire seulement passer un message, mais également de faire ressentir au lecteur « quelque chose » de l’ordre de l’invisible, du sensible, de l'indicible. Mélange subtil entre rythmes, sons, images, la poésie est un langage particulier auquel le poète, avec les mots pour seuls outils, cherche sans cesse à donner un souffle nouveau.

La poésie a également des thèmes de prédilection : en particulier ceux qui font appel aux sentiments. Ainsi l’amour, la souffrance, la contemplation — au sens religieux ou amoureux du terme — la mort, la nature, etc. reviennent sans cesse hanter les poètes. Il n'y a que l'écriture poétique qui permette de libérer ses sentiments, de retranscrire les émotions, le silence, l'indicible, en faisant avant tout appel aux sens.

Un peu d'histoire

On peut diviser l’histoire de la poésie en trois grandes périodes : classique, moderne et contemporaine.

A. La « poésie classique » (avant la fin du XIXe siècle)

Depuis le Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, les poèmes ont des formes fixes (rondeau, ballade, etc.). À l’aube du XVIIe siècle, le sonnet, la forme de poème la plus utilisée dans la poésie française, est introduit en France. Au XVIIe siècle, apparaissent les premiers vers libres (qui permettent de varier le nombre de syllabes dans un vers, ou bien la disposition des rimes) ; les véritables vers libres s'imposent avec le symbolisme au XIXe siècle.

La poésie est alors, comme la définit Voltaire, une « éloquence harmonieuse ». Elle cherche, grâce à l'utilisation de formes contraintes et d'un vocabulaire choisi, à faire passer un message empreint de musicalité.

B. La « poésie moderne » (fin XIXe - début XXe siècle)

La poésie moderne marque un véritable tournant dans l'expression poétique. Entre la fin du XIXe et le début du XXe, les poètes explorent tous les possibles, renoncent aux contraintes formelles et repoussent les limites de la poésie classique.

À la fin du XIXe siècle, la revue internationale Cosmopolis publie « Un coup de dés jamais n'abolira le hasard » de Mallarmé, une œuvre inattendue qui marque le début d'une poésie renouvelée. Quelques poètes, en particulier Arthur Rimbaud, Lautréamont, Alfred Jarry, Jules Laforgue ou Charles Cros, font sortir la « poésie de ses gonds ». La poésie devient prose, jeu sonore et visuel : elle refuse le vers classique.

C. La « poésie contemporaine » (XXe siècle)

Héritière de la poésie moderne, la poésie contemporaine est un anti-langage qui met à mort le sens au profit des sens. Elle commence avec la poésie de la Résistance (en particulier celle d'Aragon) ou l’école de Rochefort. Elle tend à travailler le mot, le malmener et chercher sans cesse de nouvelles façons de dire le silence. Parfois elle reprend les formes classiques pour mieux les distordre ; parfois elle va au plus profond du langage pour le réinventer.

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