| Jemmapes, bataille de | Format lecture | ||||
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| 3. | Jemmapes, symbolique et propagande |
Au-delà de la force de feu, la victoire française repose sur l’expérience tactique d’officiers issus de l’ancienne armée royale. Elle tient plus encore à l’enthousiasme des « volontaires de 92 », venus de la France entière pour repousser les envahisseurs coalisés. Depuis le printemps 1792, la France vibre, en effet, aux discours alarmistes sur la « Patrie en danger ». Après les revers du printemps et la chute de la monarchie (en août), la victoire de Valmy, la déroute autrichienne à Lille et la libération de Verdun et de Tourcoing en octobre galvanisent les volontaires nationaux, désireux de protéger la Patrie et la République des sans-culottes. Dès lors, on comprend l’importance de Jemmapes : la victoire traduit le triomphe de la République du peuple.
Aussitôt célébrée par la propagande girondine, ce succès confirme les dirigeants de la Convention dans la logique d’une guerre conquérante. C’est un choix emblématique symbolisant la force républicaine et révolutionnaire. Du reste, les mois suivants montrent que l’armée de la levée en masse n’est pas tout à fait prête : en mars 1793, elle est défaite à Neerwinden, insuccès aggravé par la désertion de Dumouriez et d’Égalité-fils.
Le souvenir de Jemmapes s’ancre plus encore dans la mémoire collective et dans la légende dorée de la Révolution lorsque Louis-Philippe devient roi en 1830. Ses faits d’armes en Belgique participent au renforcement de sa légitimité. Ainsi, à moyen terme, la victoire républicaine de Jemmapes, qui a peu servi la République, a servi la monarchie.