La Fayette, Marie Joseph Gilbert Motier, marquis de
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La Fayette, Marie Joseph Gilbert Motier, marquis de
5. La Fayette, un double profil

Mort le 20 mai 1834 avec une réputation de vieillard vaniteux et dépassé, le marquis de La Fayette laisse en France une image ambiguë. Entre 1789 et 1830, il s’est attiré simultanément l’animosité des royalistes et des révolutionnaires jacobins, les premiers le considérant comme traître à sa condition aristocratique, les seconds lui reprochant sa trop grande modération et ses tentations opportunistes.

Néanmoins, sa vie durant, La Fayette est resté un démocrate convaincu, même après que ses biens ont été confisqués durant la Révolution — biens pour lesquels il a été indemnisé avec le « milliard des émigrés ». Durant toute sa carrière, il a prôné l’égalité sociale, la représentation populaire, la tolérance religieuse et la liberté de la presse. Mais ces choix ont largement été pondérés par son césarisme. Partisan de l’ordre public et désireux d’assumer des responsabilités toujours plus importantes, il a laissé l’image d’un homme entreprenant et ambitieux, dont la faim de notoriété a mieux été servie aux États-Unis qu’en France.

D’ailleurs, au début du xxe siècle, les Américains se souviennent encore du marquis et de son action, lorsqu’ils déclarent la guerre à l’Allemagne au printemps 1917. Le 4 juillet (jour anniversaire de l’indépendance américaine), un détachement militaire se présente sur la tombe de La Fayette, dans le cimetière parisien de Picpus, et rend un vibrant hommage au « grand patriote ». Le court discours du colonel Stanton a causé une profonde impression et est depuis resté à la postérité… « La Fayette, nous voici ! »  La Fayette, we’re here ! »). En 2002, la nationalité américaine a été conférée à titre posthume au général français.