Resnais, Alain
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Resnais, Alain
3. Courts métrages et documentaires

Monteur et auteur de courts métrages régulièrement sollicité, Alain Resnais réalise des œuvres de commande, comme la Bague (1947), mimodrame de Marcel Marceau, l’Alcool tue (1947), film de mise en garde contre l’alcoolisme, Transfo transforme l’énergie du Pyrium (1947), le Lait Nestlé (1947), Châteaux de France (1948) et Versailles (1948). Il réalise également Malfray (1948), le portrait d’un sculpteur — pour le compte d’un collectionneur —, puis Van Gogh (1948) et Paul Gauguin (1950), produits par Pierre Braunberger, qui attirent l’attention de la critique sur son travail. Il est salué pour Guernica (1950), mais connaît des problèmes de censure à cause d’un pamphlet anticolonialiste, écrit et réalisé avec Chris Marker, Les statues meurent aussi (1953). Malgré cette censure de 1953 à 1963, le film reçoit le prix Jean-Vigo en 1954.

Alain Resnais obtient à nouveau le prix Jean-Vigo en 1956 avec Nuit et Brouillard (1955), un essai documentaire sur les camps de concentration, dont le texte est écrit par l’ancien déporté Jean Cayrol et la musique signée par Hanns Eisler. Ce film est resté un classique du cinéma documentaire et, jusqu’à Shoah (1985) de Claude Lanzmann, le seul film ambitieux consacré à la Shoah. Alain Resnais tourne ensuite une étude sur la Bibliothèque nationale, Toute la mémoire du monde (1956), puis il participe au Mystère de l’atelier quinze (1957) d’André Heinrich. Il signe aussi un film sur la fabrication du plastique, le Chant du Styrène (1958), écrit et commenté par Raymond Queneau.

À travers ces courts métrages et ces documentaires se précise déjà l’écriture cinématographique d’Alain Resnais : lenteur des travellings, plans fixes au cadre impeccable et dialogue entre la voix et la musique.