Stendhal
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Stendhal
3. Premiers écrits

La chute de Napoléon et le régime de la Restauration mettent une fin brutale à sa carrière, le jetant dans l’incertitude et la précarité, mais le rendant aussi à sa liberté. Après avoir participé à la campagne de Russie, il repart pour l’Italie et, décidé à devenir lui-même milanese et citoyen italien, il s’installe à Milan, où il peut s’adonner aux plaisirs de la musique et de l’amour. Après une liaison orageuse avec une belle italienne, Angela Pietragrua, il s’éprend de Métilde Dembowska, laquelle ne partagera jamais sa passion amoureuse. C’est à Milan qu’il fait paraître Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase (1814), une Histoire de la peinture en Italie (1817) et surtout un essai (Rome, Naples et Florence, 1817) qui, signé pour la première fois du nom de Stendhal, marque le début de sa véritable carrière littéraire.

Contraint de quitter l’Italie par dépit amoureux, mais plus encore pour des raisons politiques (les Autrichiens lui reprochent ses sympathies à l’égard des libéraux italiens), il rentre à Paris, où il est assez bien reçu par la société mondaine et dans les milieux romantiques. La fréquentation des salons ne parvient pourtant pas à lui faire oublier sa passion malheureuse pour Métilde. Cet amour déçu lui inspire une analyse de l’amour (De l’amour, 1822), qui contient sa théorie, devenue fameuse, de la « cristallisation ». Il y applique en outre les méthodes des idéologues (Cabanis, Destutt de Tracy, Volney), dont la lecture l’a marqué durablement. Suit un essai sur le théâtre, Racine et Shakespeare (1823 et 1825), où Stendhal fait l’éloge des œuvres de Shakespeare dont émanent, selon lui, tant de passions et de force en regard de la perfection froide et figée des tragédies de Racine.

Armance (1827), le premier roman d’un jeune écrivain de quarante-trois ans, nourri par les premières années de la vie de l’auteur, ses études et ses débuts mondains, raconte l’amour qui unit Octave, jeune homme brillant et taciturne, à sa cousine Armance. Après une suite de malentendus — pour diverses raisons, les amants répugnent à s’avouer mutuellement leurs sentiments —, Octave abandonne Armance et part mourir pour la libération de la Grèce, sans avoir révélé les motivations de ses actes. Par sa vivacité et surtout par les thèmes abordés (l’analyse de l’âme du héros masculin, notamment), ce premier récit annonce les chefs-d’œuvre à venir.