| Stendhal | Format lecture | ||||
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| 4. | Œuvres de la maturité |
En 1830, Stendhal publie son chef-d’œuvre, le Rouge et le Noir, qui passe presque inaperçu. La même année, il est nommé consul de France à Trieste, puis à Civitavecchia (Latium) l’année suivante. C’est dans ces circonstances qu’il entreprend la rédaction d’un nouveau roman, Lucien Leuwen (posthume, 1855), qui met en scène un jeune homme épris d’absolu, qui semble un double bien né de Julien Sorel, le héros du Rouge et le Noir. L’écrivain, peut-être parce que le récit comporte une critique trop directe du régime de Louis-Philippe, laisse cette œuvre inachevée.
Parallèlement, Stendhal rédige ses écrits les plus directement personnels : les premières pages de ses Souvenirs d’égotisme (posthume, 1893, également inachevé) et son autobiographie, Vie de Henry Brulard (posthume, 1890), dans laquelle il emprunte un pseudonyme transparent ; ces écrits constituent une clef intéressante pour décrypter l’œuvre romanesque. Les écrits personnels de Stendhal, son Journal ou ses textes autobiographiques, expriment une conception du bonheur individuel comme but de l’existence, invitent à jouir de l’instant présent avant qu’il ne s’enfuie, proposent enfin une idéologie de la passion, de l’énergie et de la volonté, bref, un art de vivre qu’on a appelé du nom de son auteur, le « beylisme » et que lui-même désignait du nom d’« égotisme ».
Cette philosophie nourrit également tous les romans, et surtout la Chartreuse de Parme, qu’il publie en 1839 et qui se présente comme un hymne à l’amour et au bonheur. À l’image de leur créateur, les héros stendhaliens (Julien Sorel, Fabrice del Dongo, Lucien Leuwen, Octave), si bien intégrés au monde et cependant si parfaitement détachés des idéaux communs, ne cessent de rappeler, avec leur créateur, que « l’art est une promesse de bonheur ».
En congé à Paris de 1837 à 1838, Stendhal donne encore à la Revue des Deux Mondes quelques-unes de ses Chroniques italiennes (posthume, 1855), puis se rend en province en vue d’écrire une relation de voyage qui lui vaudra d’être considéré comme l’inventeur du tourisme (les Mémoires d’un touriste, 1838).
Rentré à Civitavecchia, il entreprend un dernier roman, Lamiel (posthume, 1899, inachevé) et publie Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres (1840). Victime d’une crise d’apoplexie, il revient précipitamment à Paris, où une nouvelle attaque l’emporte.