| français, art | Format lecture | ||||
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| 4. | Le XVIIe siècle |
| 1. | L’architecture au début du XVIIe siècle |
L'arrivée de Henri IV à Paris en 1594 annonce la fin des guerres de Religion, auxquelles l'édit de Nantes et le traité de Vervins (2 mai 1598) mettent un terme définitif. La paix revenue, un important programme de construction débute à Paris, avec de grands chantiers tel celui de la place des Vosges qui débute en 1605. Salomon de Brosse, l'architecte le plus inspiré de la période, conçoit des édifices somptueux, dont le palais du Luxembourg (1615), en puisant, suivant la volonté de sa commanditaire, Marie de Médicis, dans le répertoire florentin. De nombreux hôtels particuliers sont également construits, notamment par Jean du Cerceau, architecte de l'hôtel de Sully (1624-1629) ; voir famille Androuet du Cerceau.
| 2. | Le temps des graveurs |
Une seconde école de Fontainebleau fleurit alors, pâle copie de la première : ses instigateurs sont Ambroise Dubois, Toussaint Dubreuil et Martin Fréminet. Mais l'œuvre de deux artistes, Jacques Bellange et Jacques Callot, tous deux originaires de Nancy, est plus intéressante. Seule subsiste du travail de Bellange une étonnante série de gravures à l'eau-forte, essentiellement religieuses, qui dénotent l’influence du maniériste italien le Parmesan. Bellange influence à son tour Callot, l'un des plus grands graveurs de tous les temps. Ayant résidé à Florence de 1611 à 1621, où il a réalisé pour Cosme II de Médicis des eaux-fortes sur le thème des festivités de la cour florentine ou des scènes de la commedia dell'arte, Callot regagne Nancy à la mort de son protecteur en 1621, et continue de produire des gravures de fêtes et des scènes de la vie quotidienne. En 1633, lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648), le cardinal Richelieu, premier ministre de Louis XIII, envoie les troupes françaises conquérir le duché de Lorraine. Peu après, Nancy est prise et le duc de Lorraine doit capituler. Les horreurs de cette campagne inspirent à Callot son chef-d’œuvre, une extraordinaire série de gravures à l'eau-forte intitulées les Grandes Misères de la Guerre (1633).
| 3. | Les influences italiennes |
Le séjour en Italie, destiné à se former au contact des grandes œuvres, est désormais une étape indispensable dans la carrière des artistes français. Aussi, le peintre Simon Vouet y demeure quatorze ans et s'y imprègne d'un nouveau style, le baroque. De retour à Paris, il devient rapidement l'un des peintres les plus en vue, réalisant des tableaux religieux à caractère décoratif, comme ceux — aujourd’hui détruits — de l'hôtel Séguier, à Paris (1638-1649). Sa domination artistique est brièvement ébranlée entre 1640 et 1642, lorsque Nicolas Poussin revient d'Italie où il séjournait depuis 1624. Puis, fin 1642, Poussin repart pour l'Italie où il passera le reste de sa vie.
| 4. | Deux maîtres classiques |
Malgré cette expatriation, Poussin, dont l'influence perdure jusqu'au XXe siècle, représente en peinture la quintessence de l'esprit classique français. Fortement inspiré par l'Antiquité pour ses sujets et son esthétique, il exécute des œuvres d’une grande noblesse, caractérisées par un calme, une amplitude et un équilibre profonds. Ses thèmes sont essentiellement religieux et mythologiques, mais l’espace, la lumière, le corps humain et le paysage tiennent dans sa peinture le véritable premier rôle. Sa peinture Bergers d’Arcadie (v. 1650, musée du Louvre) est particulièrement remarquable et fait état d'une emprise accrue de l'émotion sur l'intellect et de la couleur sur la composition géométrique, caractéristiques de la dernière partie de son œuvre.
Á l'instar de Poussin, Claude Gellée dit le Lorrain, autre peintre paysagiste, passe l’essentiel de son temps en Italie. Il y arrive en 1613 et séjourne à Rome jusqu'à sa mort, à l'exception d'un bref retour dans sa ville natale de Nancy en 1625-1627. Bien qu'également influencés par l'Antiquité, les paysages du Lorrain, souvent peuplés de petits personnages bibliques ou mythologiques, ont un rendu très différent de ceux de Poussin : la lumière oblique de l’aube ou du soir, les architectures idéales et les scènes pastorales ou sylvestres suscitent des images d’une grande douceur, aux harmonies émouvantes, comme la Vue d’un pont à l’aube conservée au musée du Louvre. On peut considérer le Lorrain, chez qui la forme humaine se perd dans l'immensité de la nature, comme un précurseur du sentiment romantique.
| 5. | La grandeur baroque |
Sous le règne de Louis XIV, la France jouit en Europe d'une influence politique et artistique sans précédent. Le Roi-Soleil, conscient de l’impact politique des arts, ordonne la construction d’un fastueux palais, symbole de sa puissance, sur le site du château de Versailles édifié quelques années auparavant par son père Louis XIII. Il emploie deux des architectes les plus talentueux de l'époque pour agrandir Versailles : dans un premier temps, Louis Le Vau (v. 1669), puis, à partir de 1678, Jules Hardouin-Mansart, petit-neveu de François Mansart, créateur de nombreux et élégants hôtels particuliers à Paris. L'expansion de Versailles, avec ses jardins à la française d'André Le Nôtre, donne naissance à un édifice dont la taille, la structure et la splendeur reflètent parfaitement l'autoritarisme centralisé du règne de Louis XIV.
Sous Louis XIV, la personnalité artistique dominante de la puissante Académie de peinture et de sculpture, fondée en 1648, est le peintre Charles Le Brun, grand admirateur de Nicolas Poussin. Sous la protection du ministre du roi, Jean-Baptiste Colbert, il exerce une fonction directoriale sur les arts français jusqu'à la mort de ce dernier en 1683. Le Brun produit des tableaux monumentaux, s'inspirant de sujets de la mythologie ou de l'histoire ancienne, mais aussi de l'histoire contemporaine, ce dernier genre étant souvent employé comme une forme de propagande royale.
Le respect académique des canons classiques caractérise la sculpture de cette époque, comme le montre le travail d'Antoine Coysevox, qui travaille énormément pour Versailles et pour la cour. Le sculpteur marseillais Pierre Puget est plus original, mais son style baroque, peu apprécié par Colbert, lui vaut un faible succès. Parmi ses œuvres, la puissante statue de Milon de Crotone (1671-1683, musée du Louvre), une représentation de l’athlète grec tué par un lion, est des plus remarquables.
De tous les peintres de grand talent de cette période, Georges de La Tour se signale par son individualisme. Volontairement en retrait du milieu artistique de Paris et de la cour, il réside toute sa vie en Lorraine. Ses grands tableaux nocturnes, aux rougeoyants effets de clair-obscur, en font l’un des successeurs les plus originaux du Caravage. Sa production restreinte témoigne d’une spiritualité profonde et mêle sujets religieux et peinture de genre, comme en témoigne son Adoration des bergers (1644-1645, musée du Louvre). Également influencés par le Caravage et son école, les trois frères Le Nain — Antoine, Louis et Mathieu — sont spécialisés dans les sujets de genre ; il est impossible de discerner avec certitude leurs travaux respectifs, car leurs tableaux sont rarement signés, et ceux qui le sont portent leur seul nom de famille.
La mort de Colbert, en 1683, marque le déclin du long règne de Louis XIV et de la suprématie française en Europe. Des guerres coûteuses (notamment la guerre de Succession d'Espagne, 1701-1714) affaiblissent alors l'économie française et le statut de la France sur la scène internationale.
Voir baroque, art.