français, art
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2. L’époque médiévale

Le royaume Franc se substitue, en 843, à l’entité territoriale connue sous le nom de Gaule, lorsque les Francs occidentaux (la future France) se séparent des Francs orientaux (la future Allemagne) à la signature du traité de Verdun. À l’époque médiévale, l’art français, d’abord de style carolingien, s’épanouit ensuite à travers les styles roman, puis gothique.

1. Le temps des cathédrales

L'abbaye bénédictine de Cluny, phare de l'ordre clunisien, témoigne de la transition entre la tradition carolingienne et le style roman. Fondée en 910, elle est agrandie en 955, puis en 1085, la dernière partie de l'ouvrage offrant un exemple exceptionnel d'architecture romane. La basilique Saint-Sernin de Toulouse (v. 1080-1120), autre joyau de l'architecture romane, est érigée à la même époque, tout comme l'église abbatiale de Saint-Étienne de Caen (début XIIe siècle) et celle de Saint-Gilles-du-Gard (1150-1200).

Dès 1140, dans le nord de la France, l’architecture de style gothique fait son apparition, avec la construction de la basilique Saint-Denis, au nord-est de Paris, avant de se répandre dans toute l'Europe. Le déambulatoire de Saint-Denis, avec ses arcs brisés et sa voûte nervurée en croix, définit les éléments clés du gothique, qui atteint l'apogée de son expression dans les grandes cathédrales construites dans la première moitié du XIIIe siècle — période dite du haut gothique —, telles les cathédrales d'Amiens (1220-1240), de Chartres (v. 1194-1220), de Reims (à partir de 1211) et Notre-Dame de Paris (1163-1250). Ces édifices, qui intègrent à l’architecture un travail extrêmement élaboré de sculpture et de vitrail, sont remarquables, et représentent une manifestation plastique extraordinairement unifiée de la pensée médiévale.

2. La sculpture

L'essor des ordres monastiques et des projets de construction permet le développement de la sculpture romane dans le sud et le centre de la France, comme la basilique Saint-Sernin à Toulouse, dont le tympan représente un Christ en majesté sculpté en relief dans le marbre (v. 1096), et comme l’église de la Madeleine à Vézelay (v. 1120-1132). Fait important, le Jugement dernier (v. 1140) qui orne le tympan du portail ouest de la cathédrale d'Autun en Bourgogne, porte pour la première fois la signature du sculpteur, Gislebertus, traduisant une prise de conscience décisive de l'artiste quant à son rôle social et au statut de son œuvre.

Les véritables débuts de la sculpture gothique remontent aux statues-colonnes des portails de la cathédrale de Chartres, vers 1145, où le traitement des figures, hiératiques et allongées, le réalisme des visages et la finesse des drapés annoncent clairement les grands principes de ce style sculptural. La France reste jusqu’à la fin de la période gothique flamboyante — au XVe siècle — un important centre de sculpture, avec des chefs-d’œuvre tels l’Ange au sourire de la cathédrale de Reims, les Apôtres de la Sainte-Chapelle, la Vierge dorée de la cathédrale d’Amiens et les représentations de l’Église et de la Synagogue de la cathédrale de Strasbourg. Au XIVe siècle, les artistes français excellent aussi dans la sculpture sur ivoire, modeste de proportions, mais remarquable par sa finesse et son expressivité, dont la pièce maîtresse est la Vierge à l’Enfant de Villeneuve-lès-Avignon.

3. La tapisserie de Bayeux

Le plus célèbre exemple d'art profane de la période romane est la Tapisserie de Bayeux (v. 1073-1083, musée de la Tapisserie de la Reine Mathilde, Bayeux). Cette longue bande de tissu brodé, mesurant près de 70 m de long et 49,5 cm de large, relate en une série de scènes réalisées dans un style simple et expressif, l'invasion de l'Angleterre et sa conquête en 1066 par Guillaume le Conquérant.

4. Peintures et manuscrits enluminés

L’église de Saint-Savin-sur-Gartempe, à une cinquantaine de kilomètres de Poitiers, renferme le cycle le plus complet de fresques romanes (v. 1100) en France. Les fresques de la crypte retracent la vie des deux saints patrons de l'église, saint Savin et saint Cyprien.

Le style gothique, expressif et allongé, touche d’abord les arts graphiques, comme en témoignent les enluminures du Psautier de Saint Louis (1253-1270, Bibliothèque nationale de France, Paris), et reste prépondérant dans ce domaine jusqu’aux enluminures des Heures de Rohan (v. 1418-1425, Bibliothèque nationale de France). En peinture, il trouve son expression la plus intense, quoique tardive, dans la Pietà de Villeneuve-lès-Avignon (v. 1455, musée du Louvre, Paris) attribuée à Enguerrand Quarton. Plus décoratives, les riches peintures du palais de Bourges, édifié par Jacques Cœur en 1443, forment l’un des plus beaux ensembles de la période gothique.

Dès le XVe siècle, l'influence italienne devient très sensible dans l’art français, par exemple dans les magnifiques enluminures des frères de Limbourg, qui ornent le manuscrit des Très Riches Heures du Duc de Berry (1413-1416, musée Condé, Chantilly). Jean Fouquet, le plus grand enlumineur français du XVe siècle, s’est d’ailleurs rendu en Italie vers 1445. Ses miniatures pour le manuscrit des Antiquités judaïques (Bibliothèque nationale de France), au style d’une finesse caractéristique, ont permis de lui attribuer d'autres réalisations du même type, ainsi que quelques peintures de chevalet dont la célèbre Vierge à l’Enfant entourée d’anges (v. 1452, musée royal des Beaux-Arts, Anvers) et des croquis de sculptures.