| français, art | Format lecture | ||||
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| 3. | La Renaissance |
Le gothique tardif, apparu vers 1250, demeure en France, comme dans toute l'Europe du Nord, un courant artistique majeur jusqu'au XVIe siècle, mais il est de plus en plus influencé par l'esprit de la Renaissance italienne. Au début des guerres d'Italie, en 1494, l’esprit renaissant domine déjà l'art français. La France dispute pendant plus de soixante ans, essentiellement aux Habsbourg d'Espagne, le contrôle des vulnérables cités-états italiennes. En 1559, le traité du Cateau-Cambrésis met fin à ces conflits, le roi Henri II n'obtenant en définitive aucun territoire en Italie. Mais le formidable exemple italien a entre-temps inspiré à la France de très ambitieux projets artistiques, placés pour l’essentiel sous le patronage de Louis XII et surtout de François Ier. Ce dernier réussit même à faire venir en France Léonard de Vinci, en 1516 ou 1517 : le maître italien résidera au château de Cloux, aujourd’hui Clos-Lucé, près d'Amboise, jusqu'à sa mort en 1519.
| 1. | L’école de Fontainebleau |
Le château de Fontainebleau, au sud-est de Paris, est l'un des plus beaux exemples de mécénat de l’époque renaissante. À partir de 1528, François Ier ordonne l’agrandissement de ce château médiéval. En 1530, il fait venir en France l'artiste italien Rosso Fiorentino, rejoint en 1532 par le Primatice. Ces deux artistes forment le pivot de ce que l'on appelle aujourd'hui l'école de Fontainebleau. Le château leur doit un nombre impressionnant de peintures décoratives et de stucs. S'ils n'ont pas été les premiers artistes renaissants italiens à travailler en France, ils sont les plus actifs de l’époque, Léonard de Vinci ayant très peu produit lors de sa retraite à Cloux. Ils développent le maniérisme, un style qui influencera profondément l'art français. Entre deux séjours en Italie, le Primatice poursuit son œuvre à Fontainebleau jusque dans les années 1560, rejoint, en 1552, par le peintre italien Nicolò dell'Abate, introducteur du paysage maniériste en France. Le sculpteur italien Benvenuto Cellini travaille également à Fontainebleau de 1540 à 1545, l'une de ses plus belles œuvres étant une salière en or destinée au service de François Ier (1540-1543, Kunsthistorisches Museum, Vienne).
| 2. | Le maniérisme |
Le style maniériste, caractérisé par l’idéalisation et l’allongement des formes, se retrouve dans l'œuvre d'artistes français tels que le peintre François Clouet et le sculpteur Jean Goujon. Clouet, peintre à la cour dès 1541, se spécialise dans le portrait — son père, Jean Clouet, probablement né en Flandres, étant déjà l'auteur de portraits peints dans le style de Hans Holbein le Jeune. Goujon, quant à lui, associe le style de Fontainebleau à des éléments purement classiques, dans une approche très personnelle, dont témoignent ses sculptures du Louvre et de la fontaine des Innocents, érigée en 1550.
| 3. | L’architecture renaissante |
En architecture, une nouvelle impulsion arrive d'Italie avec la venue, en 1541, de Sebastiano Serlio, auteur d’un traité d’architecture renommé, qui collabore aux aménagements du château de Fontainebleau et réside en France jusqu'à sa mort en 1554. Deux architectes français — Pierre Lescot et Philibert Delorme — contribuent également à répandre en France les principes architecturaux italiens. Lescot est surtout connu pour ses travaux de reconstruction du Louvre, à partir de 1546, et le talentueux Delorme, formé en Italie, réalise, entre autres, le château d'Anet (v. 1550), en Normandie.
| 4. | Le temps des guerres de Religion |
Au XVIe siècle, l'art français se développe dans le climat trouble et violent des guerres de Religion (1562-1598) qui opposent protestants et catholiques. C’est à cette époque qu'entre en scène Jacques Ier Androuet du Cerceau, fondateur d'une dynastie d'architectes active jusqu'à la fin du siècle suivant. Bénéficiant d’un important patronage royal, il a beaucoup construit. Cependant, il est surtout connu pour ses livres de gravure (les Plus Excellents Bastiments de France, 2 volumes, 1576-1579).
L'artiste le plus remarquable du XVIe siècle français est le sculpteur Germain Pilon. Ses premières œuvres traduisent l'influence des stucs du Primatice à Fontainebleau, mais son style évolue ensuite vers un réalisme vivant et expressif. Sous la direction du Primatice, il exécute le tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis (1563-1570) en la basilique Saint-Denis, dont les gisants sont particulièrement somptueux. Parmi ses dernières œuvres, la Déposition (v. 1580-1585, musée du Louvre), un relief en bronze probablement destiné à la chapelle de René de Birague en l'église Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers, à Paris, est remarquable par son intensité dramatique, qui révèle l'influence de Michel-Ange.