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| 3. | La musique soul autour de James Brown |
La musique soul est marquée par la cohabitation de plusieurs écoles, dont deux sont à l’origine de l’explosion de ce genre musical : la production estampillée « sudiste » du label Stax, implanté à Memphis (Tennessee), qui prône une soul rapide et incisive — Marvin Gaye, Smokey Robinson ou les Temptations en sont les principaux représentants —, et une production sophistiquée, ainsi que le label Tamla Motown qui, depuis Detroit (Michigan), inonde l’Amérique de titres plus commerciaux — notamment interprétés par Otis Redding ou Aretha Franklin —, aux arrangements souvent sophistiqués, construits selon une méthodologie précise établie par Berry Gordy.
Ni le grand nombre ni le succès des artistes soul ne viennent menacer l’aura et la domination de James Brown, dont les prestations sur scène, notamment au théâtre de l’Apollo de New York, font figure de référence. Outre la richesse de son répertoire, James Brown offre un tremplin à des musiciens de talent — le saxophoniste Maceo Parker ou Bootsy Collins par exemple — qui font leur apprentissage dans l’orchestre de celui qui est désormais surnommé the Godfather of Soul (littéralement « le parrain de la soul »). Sa longévité, l’influence qu’il exerce sur les musiciens, noirs ou blancs, sa forte personnalité teintée de narcissisme et ses excès, qui le conduisent en prison dans les années 1980 et 1990, sont autant d’éléments qui font de James Brown la référence absolue de la musique soul.
Dans les années 1960, d’autres grands noms forgent la légende de la soul — Wilson Pickett, Sly Stone, Stevie Wonder, Curtis Mayfield — dans un contexte politique agité, la communauté noire étant divisée quant à l’attitude à adopter dans le combat pour les droits civiques (voir Noirs américains).