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Beauté du diable, la [René Clair], film français en noir et blanc de René Clair, réalisé en 1949.
À l’université, le professeur Henri Faust (Michel Simon) célèbre son jubilé de doyen. Le démon Méphistophélès harcèle le vieil homme et, pour le séduire, lui fait don de la jeunesse. Tandis que Méphistophélès revêt l’apparence du vieux Faust, le professeur devient le jeune et beau Henri (Gérard Philipe). Ivre de joie, Henri flâne dans les rues et rencontre Marguerite (Nicole Besnard), une jeune foraine dont il s’éprend. De retour chez lui, l’un de ses domestiques le prend pour un voleur.
Arrêté, il est accusé d’avoir fait disparaître le vieux professeur Faust, mais Méphistophélès surgit au milieu du procès et le fait libérer. Pendant que Méphistophélès jouit des plaisirs terrestres, Henri mène une vie de labeur et finit par se laisser entraîner dans son ancien laboratoire où le démon lui révèle le secret de la transmutation du sable en or. Henri connaît alors la fortune et la gloire à la cour du prince, jusqu’à ce que Méphistophélès l’arrache à cette vie dorée. Henri accepte de vendre son âme au diable et multiplie les projets d’inventions. Gagné par la mélancolie, il force Méphistophélès à lui révéler son avenir : celui d’un tyran qui ne laissera derrière lui que destruction. Henri abandonne tout et revient auprès de Marguerite. Méphistophélès change tout l’or de la ville en sable et l’on accuse la jeune bohémienne de sorcellerie, mais elle parvient à confondre Méphistophélès. Henri et Marguerite partent heureux sur les routes.
Variation sur le mythe de Faust (qui inspira Méliès et Murnau), la Beauté du diable apparaît comme une réflexion sur les pouvoirs destructeurs de la science, en même temps qu’une célébration du libre arbitre humain et de la puissance salvatrice de l’amour. Cette « tragi-comédie » (comme l’indique son sous-titre) est née de la collaboration du cinéaste avec le dramaturge Armand Salacrou, les deux hommes partageant une même admiration pour le Faust de Gounod.
Entièrement tourné dans les décors de Cinecittà, le film mélange satire et féerie, ironie et sentimentalité, dans les décors somptueux de palais baroques et de ruines antiques. En permutant les apparences physiques du vieux Faust et du jeune Méphistophélès, la Beauté du diable innove au regard de la légende de Faust et instaure un jeu de miroirs entre les deux figures.
Michel Simon livre ici une composition d’une grande force comique, passant du vieillard gâteux et perclus, au démon retors qui goûte avec délice aux plaisirs de la vie terrestre. Quant à Gérard Philipe, il scelle une longue amitié avec René Clair, avec qui il tournera encore les Belles de Nuit (1952) et les Grandes Manœuvres (1955).