fantastique, cinéma
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fantastique, cinéma
5. Un genre unique, de multiples déclinaisons
1. Figures classiques

Alors que le genre menace de s'essouffler, malgré de spectaculaires réussites commerciales et souvent critiques (Hellraiser de Clive Barker en 1987, Candyman de Bernard Rose en 1992), des réalisateurs renommés le réinvestissent brillamment, comme John Carpenter (l'Antre de la folie [ou In the Mouth of Madness], 1995), Mike Nichols (Wolf, 1994), Kenneth Branagh (Frankenstein [ou Mary Shelley’s Frankenstein], 1994) et surtout Francis Ford Coppola qui réalise une adaptation inattendue, car exceptionnellement fidèle au roman originel, d'un mythe fondateur du fantastique (Dracula, [ou Bram Stoker’s Dracula], 1992).

Une veine plus spécifiquement fantastique revient également sur les écrans, grâce au réalisateur M. Night Shyamalan, qui renoue avec les ambiances surnaturelles et inquiétantes du cinéma fantastique des origines (Sixième Sens [ou The Sixth Sense], 1999). Tourné en quelques jours, le Projet Blair Witch (The Blair Witch Project, 1999) de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, joue pour sa part sur l'ambiguïté d'images faussement amateur qui ont fait le douteux succès de Cannibal Holocaust, et devient un des films les plus rentables du genre.

Le Japon se réapproprie lui aussi le fantastique et l'horreur, mais de manière plus morbide (Ring [ou Ringu] de Hideo Nakata en 1998) et plus radicale (Audition [ou Ôdishon] de Takashi Miike en 2002).

2. Manipulations et détournements

C'est à Wes Craven, toutefois, qu'on doit le plus spectaculaire bouleversement narratif avec sa trilogie Scream (1996, 1997 et 2000) — et ses assassins au fameux masque inspiré du tableau le Cri d'Edvard Munch —, qui manipule insolemment les clichés du genre, les tournant délibérément en dérision sans que l'effroi des scènes d'horreur en soit entamé.

En 2005, une série de films d'horreur destinée à la télévision, « Masters of Horror », réunit treize des plus grands réalisateurs du genre (parmi lesquels Dario Argento, Tobe Hopper, John Landis, Stuart Gordon, Clive Barker et John Carpenter). Homecoming, la contribution de Joe Dante, qui se présente comme une satire politique féroce (les médias découvrent que des morts vivants ont investi l’élection présidentielle américaine), de même que Land of the Dead de George Romero (réalisé pour le cinéma en 2005), farouchement opposé à la politique du président américain George W. Bush, attestent de la vitalité et de la malléabilité d'un genre appelé sans cesse à se renouveler.