Radio Keith Orpheum [RKO]
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Radio Keith Orpheum [RKO]
3. L’âge d’or de la RKO
1. Innovation et diversité

Sous l’autorité d’un nouveau président, George Schaefer, à partir de 1938, la RKO n’hésite pas à laisser « carte blanche » à des cinéastes alors inexpérimentés et à innover en abordant des genres peu représentés dans son catalogue.

Orson Welles peut ainsi réaliser son premier long métrage, Citizen Kane (1941) — un échec commercial qui deviendra l’un des films les plus admirés de l’histoire du cinéma —, puis la Splendeur des Ambersons (The Magnificent Ambersons, 1942).

Le studio se lance par ailleurs dans le film noir avec Stranger on the Third Floor (1940) de Boris Ingster, et produit une remarquable série de films à suspense : Soupçons (Suspicion, 1941) et les Enchaînés (Notorious, 1946) d’Alfred Hitchcock, la Femme au portrait (The Woman in the Window, 1944) de Fritz Lang et Deux mains dans la nuit (The Spiral Staircase, 1946) de Robert Siodmak. La comédie n’est pas en reste, puisque Alfred Hitchcock propose Joies matrimoniales (Mr. and Mrs. Smith, 1941), avec Carole Lombard et Robert Montgomery, et Howard Hawks tourne Boule de feu (Ball of Fire, 1941), avec Gary Cooper et Barbara Stanwyck. Jacques Tourneur et Mark Robson réalisent de beaux films fantastiques produits par Val Lewton — la Féline (Cat People, 1942) pour le premier, I Walked With A Zombie en 1943 pour le second), William Wyler signe la Vipère (The Little Foxes, 1941), avec Bette Davis, et Leo McCarey se distingue avec les Cloches de Sainte-Marie (The Bells of St Mary’s, 1945), avec Bing Crosby et Ingrid Bergman, tandis que les pirates bondissent en couleurs dans Pavillon noir (The Spanish Main, 1945) de Frank Borzage et que Frank Capra signe son chef-d’œuvre, La vie est belle (It’s A Wonderful Life, 1946) avec James Stewart.

2. Les films de propagande de la RKO

Dans la première moitié des années 1940, la RKO participe également à l’effort de guerre américain en produisant des films de propagande tels que Lune de miel mouvementée (Once Upon A Honeymoon, 1942) de Leo McCarey, Vivre libre (This Land Is Mine, 1943) de Jean Renoir, Hitler's Children (1942), Tender Comrade (1943), Face au soleil levant (Behind the Rising Sun, 1943) et Cornered (1945) d’Edward Dmytryk, Days of Glory (1944) de Jacques Tourneur, avec Gregory Peck, The Master Race (1944) de Herbert Biberman et le Criminel (The Stranger, 1946) de et avec Orson Welles. William Wyler réalise quant à lui un film poignant sur le retour des combattants, les Plus Belles Années de notre vie (The Best Years of Our Lives, 1946), de même que John Berry avec From This Day Forward (1946), notamment interprété par Joan Fontaine.