Ruhr, occupation de la
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Ruhr, occupation de la
2. S’assurer un gage productif

L’inflation galopante dont est victime l’économie allemande depuis 1921 met les dirigeants de la République de Weimar dans l’impossibilité d’honorer le paiement des réparations prévues par le traité de Versailles et les incite à demander un moratoire dès 1922. Soutenue par la majorité de l’opinion publique, une partie de la classe politique française entend cependant faire payer l’Allemagne, rejetant toutes les solutions de compromis proposées par les Britanniques et les Américains.

Rappelé aux affaires en janvier 1922, Raymond Poincaré, partisan de la fermeté, décide en accord avec le gouvernement belge d’une opération militaire visant à contrôler les centres de production de la Ruhr. Il s’agit de s’assurer un gage économique productif afin, dans un premier temps, de se payer directement, puis, dans un deuxième temps, de contraindre les Allemands à payer. Après avoir fait constater par la commission des Réparations les manquements de l’Allemagne concernant une livraison de bois, Poincaré ordonne à trois divisions françaises commandées par le général Degoutte de pénétrer dans la Ruhr, le 11 janvier 1923. Au total, ce sont près de 60 000 soldats français et belges qui occupent les principales villes et centres miniers de la région allemande. Dans les jours qui suivent, une Mission internationale pour le contrôle des usines et des mines (MICUM) est mise en place. D’autre part, la Haute Commission interalliée des territoires rhénans (HCITR), que préside le Français Paul Tirard, saisit les forêts domaniales et l’impôt sur le charbon, et fait établir un cordon douanier isolant de fait la Ruhr du reste de l’Allemagne.