Ruhr, occupation de la
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Ruhr, occupation de la
4. Un succès ambigu

Alors même que la politique de fermeté de la France semble porter ses fruits, le gouvernement Poincaré doit faire face à plusieurs problèmes contribuant à affaiblir la position française. Au niveau de la politique intérieure, la ferme opposition de la gauche à l’occupation de la Ruhr sème le trouble parmi l’opinion. Les arrestations de plusieurs députés communistes ne parviennent pas complètement à faire taire l’opposition, soutenue notamment par la Section française de l’Internationale ouvrière de Léon Blum. Mais surtout, pour ce qui est de la politique extérieure, la France se trouve de plus en plus isolée face à ses alliés britanniques et américains. La crainte de Londres de voir émerger un État rhénan autonome et favorable à la France l’incite à faire pression sur Paris, au moment même où l’économie française a besoin de capitaux étrangers pour se relever à la fois de la guerre et de la brève crise de 1921.

En mai 1924, l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches contribue à débloquer la situation. Partisan d’une solution négociée et réaliste, le nouveau président du Conseil, Édouard Herriot, accepte les conditions contenues dans le plan Dawes qui, tout en réaffirmant le principe des réparations, réaménage les paiements allemands en échange d’une évacuation de la Ruhr. Cette dernière s’achève en 1925.

Au final, cette opération militaire, qui prend fin sans véritable vainqueur ni véritable vaincu, a pour conséquence de faire comprendre aux différents gouvernements français que les clauses du traité de Versailles, telles qu’elles ont été signées, sont en pratique inapplicables. En Allemagne, la principale conséquence est d’aggraver la situation économique désastreuse, tout en redonnant une forte vigueur au nationalisme.