| Format recherche | Marin, Maguy | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Marin, Maguy (1951- ), danseuse et chorégraphe française.
| 2. | Formation |
Née à Toulouse, Maguy Marin étudie la danse classique au conservatoire de sa ville natale. Elle poursuit sa formation à Paris, notamment auprès de Nina Vyroubova (ancienne étoile de l’Opéra de Paris), avant d’intégrer le ballet de l’Opéra de Strasbourg.
C’est dans cette ville qu’a lieu la rencontre avec le monde du théâtre (et notamment avec les étudiants acteurs du Théâtre national de Strasbourg) et que naît chez elle le désir de confronter son art à de nouvelles modalités d’expression. Elle suit alors les enseignements de Caroline Carlson et de Maurice Béjart au sein de la Mudra — école créée en 1970 par ce dernier, qui allie les enseignements de la danse, du chant, de l’expression orale et des techniques de la scène — et participe à la création du groupe de recherche théâtrale Chandra.
Soliste du Ballet du xxe siècle pendant trois années, elle participe à la création de plusieurs des grandes pièces de Béjart (Héliogabale, le Molière imaginaire, les reprises de la Symphonie pour un homme seul et Roméo et Juliette). Maguy Marin quitte le Ballet du xxe siècle en 1976, puis elle obtient avec Évocation le premier prix du Concours international de Nyon (Suisse) en 1977, tandis que Nieblas de nino reçoit le premier prix du Concours de Bagnolet en 1978.
| 3. | La Compagnie Maguy Marin |
En 1978, Maguy Marin fonde avec Daniel Ambash (qui a suivi lui aussi l’enseignement de la Mudra) le Ballet Théâtre de l’Arche — qui deviendra la Compagnie Maguy Marin en 1984 — et oriente sa recherche vers la fusion de la danse, de la musique et du théâtre. En 1981, année où la compagnie s’installe à Créteil (les spectacles sont joués à la Maison des Arts de Créteil), elle crée May B, inspiré de l’œuvre de Samuel Beckett, qui mêle danse et théâtre gestuel. Pièce maîtresse de la chorégraphe, reconnue aujourd’hui comme un chef-d’œuvre (la 400e a eu lieu en 1998), May B apporte à la compagnie une consécration internationale. Babel Babel (1982), Jaleo (1983) ou encore Calambre (1985) permettent à la chorégraphe d’élargir son audience. En 1985, elle répond à une commande du Lyon Opéra Ballet en recréant Cendrillon, qui obtient un succès considérable, et s’approche davantage encore de l’univers théâtral en mettant en scène en 1987, à Lyon également, …Des petits bourgeois, les sept péchés capitaux d’après Bertolt Brecht, sur une musique de Kurt Weill. Elle crée, dans les années qui suivent, des pièces souvent décapantes, où la danse est servie par les textes et par les mots. En 1993, elle revisite une pièce du répertoire en présentant à Lyon son Coppélia ; elle poursuit également, depuis 1987, une collaboration avec le compositeur Denis Mariotte (Cortex, 1991 ; Waterzooï, 1993 ; Ramdam, 1993).
| 4. | Rillieux-la-Pape et l’engagement artistique |
Dès ses premiers spectacles (où sont dénoncées l’oppression et la stigmatisation de la différence), Maguy Marin apparaît comme une chorégraphe engagée. En 1989, elle refuse d’adhérer au consensus entourant les fêtes commémoratives du bicentenaire et prend, dans Eh, qu’est-ce que ça me fait à moi ? (créé au Festival d’Avignon), le parti pris de la provocation. En janvier 1998, après quinze années passées à la Maison des Arts de Créteil, son Centre chorégraphique national est transporté dans la banlieue de Lyon, à Rillieux-la-Pape, dans le cadre d’un projet à la fois culturel et social soutenu par les communes voisines. Aménageant une ancienne menuiserie, elle y installe un centre de réflexion et de rencontre d’artistes baptisé Ramdam, tandis que la Compagnie multiplie les projets de sensibilisation et de formation auprès des habitants des communes partenaires. En 1999, elle présente à la filature de Mulhouse trois créations, Pour ainsi dire, Vaille que vaille et Quoi qu’il en soit, pièces dans lesquelles les interprètes acceptent de dévoiler un peu de leur propre histoire pour servir une danse parlée qui fait de l’histoire individuelle le lieu d’un échange empreint d’humour et de sensibilité.