Contes [Hans Christian Andersen]
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Contes [Hans Christian Andersen]
3. Entre romantisme et modernité, entre réalité et merveilleux

Les contes d’Andersen ne sont pas non plus des récits de type populaire, hormis quelques uns comme Hans le Balourd ou Ce que fait le patron est toujours bien fait, même si l’auteur puise, surtout au début, dans un fonds de légendes locales ou plus généralement dans les Mille et Une Nuits. Contrairement aux frères Grimm, qui font œuvre de philologues et rassemblent des contes populaires, il n’entend pas se comporter en folkloriste. Se situant à la charnière entre la culture romantique, attachée à sauver de l’oubli le patrimoine des peuples, et la culture moderne, qui conçoit la littérature comme la production artistique d’un auteur bien déterminé, il invente entièrement une bonne part de ses récits. Tout lui est matière à fiction. Son imagination est vive et il laisse sa plume courir au gré de sa fantaisie.

Andersen distingue lui-même deux catégories : les « contes de fées » (eventyr, en danois), où intervient un élément merveilleux ou surnaturel, comme la Bergère et le Ramoneur, et les autres, qu’il nomme tout simplement « histoires » (historie). Certains ont pour source sa propre vie, tel le Vilain Petit Canard, souvenir transposé d’humiliations vécues. D’autres puisent à la source du folklore populaire nordique et allemand (le Briquet) ou s’inspirent des Mille et Une Nuits (la Malle volante). Nombre de thèmes scandinaves sont présents, tel le culte de la nature, également thème romantique. Maître de la forme brève, Andersen prend souvent la réalité comme point de départ et anime les objets d’un merveilleux teinté de quotidien (l’Intrépide Soldat de plomb). La Petite Fille aux allumettes, inspiré d’une gravure d’almanach, met en scène de façon réaliste le petit peuple danois qu’Andersen connaît d’autant mieux qu’il en a fait partie.