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Des thèmes récurrents |
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Le héros « handicapé de naissance » |
Fils d’un cordonnier démuni et d’une lavandière, abandonné très tôt à lui-même après leur mort, Andersen a souffert de la pauvreté et connu des débuts difficiles. Il a été décrit comme étrange physiquement et, malgré ses succès littéraires, n’a jamais pu se considérer comme un membre à part entière du groupe social auquel il ambitionnait d’appartenir. On retrouve ainsi le thème du « héros handicapé de naissance » dans nombre de ses contes, tels le Petit Soldat de plomb et surtout le Vilain Petit Canard, « un reflet de ma propre vie », selon les propres termes de l’auteur. On peut rattacher l’atmosphère pathétique qui y règne au sentiment de solitude existentielle dans lequel Andersen a vécu.
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L’attrait d’un monde supérieur |
Bien souvent, le héros ou l’héroïne cherche à intégrer un monde qui lui est au départ étranger, un monde supérieur, et possède dès la naissance des qualités rares qui vont lui permettre d’y accéder. L’extrême sensibilité de la Princesse au petit pois signe son appartenance au monde du château ; le Vilain petit canard est en réalité un petit cygne, oiseau royal. Une foi en une issue heureuse sous-tend l’inspiration de l’auteur : « Cela ne fait rien qu’on soit né dans une basse-cour si l’on est sorti d’un œuf de cygne. » Ses propres talents littéraires ne lui ont-ils pas permis d’échapper à son milieu d’origine et de connaître la célébrité ? On peut y voir un écho de ses idées « essentialistes », selon lesquelles une différence d’essence entre les êtres humains est supposée prédéterminer la place de l’individu dans l’ordre social. Mais les qualités exceptionnelles du héros ne suffisent pas toujours… Ainsi la Petite Sirène, dans le conte du même nom, se met au service d’un prince qui n’apprécie jamais totalement sa valeur, malgré sa beauté, sa sensibilité, ses talents de danseuse.
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Une forte inspiration religieuse |
Mêlant réalisme et inspiration religieuse, Andersen introduit dans ses contes des notions générales d’éthique protestante. Le bonheur ne semble possible que dans le don ou l’effacement de soi, voire l’auto-sacrifice. La mort, omniprésente, apparaît souvent comme une délivrance, un soulagement : celui qui meurt accède à la vie éternelle. La Petite Sirène est entraînée par les « filles de l’air » « dans la lumière du Soleil de Dieu », et la Petite Fille aux allumettes, qu’on retrouve au matin morte de froid, « les joues toutes rouges, un sourire à la bouche », s’envole, joyeuse, dans la nuit, dans les bras de sa grand-mère, et monte « auprès de Dieu », dont la lumière irradie.
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