Portrait de Dorian Gray, le [Oscar Wilde]
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Portrait de Dorian Gray, le [Oscar Wilde]
4. « L’idéalisme est le vrai. »

Le Portrait de Dorian Gray semble marqué par les influences croisées de la Peau de chagrin, de Balzac, de Mademoiselle de Maupin, de Gautier, et du Portrait ovale, de Poe. Avec ce roman, Oscar Wilde s’inscrit dans la continuité des productions littéraires françaises de l’époque décadentiste, marquées par l’enlisement du récit dans la jubilation descriptive, la rivalité d’art avec les peintres de la Brotherhood préraphaélite (voir préraphaélites) et Gustave Moreau. Le personnage de Dorian Gray est un jumeau du héros d’À rebours, de Huysmans, ou de Jean Lorrain, et le texte semble un miroir du décadentisme français des vingt dernières années du siècle.

Depuis la monarchie de Juillet, en France, le dandy, déjà décrit par Chateaubriand, constitue une réaction contre les valeurs du positivisme et l’idéologie de progrès liées à l’économie libérale. Cette opposition à la production de masse et à l’uniformisation sociale privilégie le goût de l’objet d’exception, le choix de la sensation rare, et l’élection de la personne comme siège d’une action artistique inaliénable, insoumise aux lois du marché de l’art. George Brummel a incarné de façon marquante, dans la société anglaise, ce dandy, réfugié dans l’esthétisation de la vie, le choix de l’artifice raffiné dans les moindres détails du quotidien, dont la fonction apparaît donc comme « éminemment philosophique », ainsi que l’indiquait Jules Lemaître dans ses jugements sur ses Contemporains. Voir dandysme.