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Chants d'innocence et Chants d'expérience [William Blake]
1. Présentation

Chants d'innocence et Chants d'expérience [William Blake], recueil poétique de William Blake, publié en 1794.

2. Une vision globale de l’Homme et du monde

Le texte initial des Chants d’innocence (Songs of Innocence) est publié en 1789 ; les textes des poèmes sont gravés à l’eau-forte, puis retravaillés à l’aquarelle. La technique est reprise pour le recueil des Chants d’expérience (Songs of Experience). L’ensemble est recomposé en 1794 : des poèmes de l’« innocence » prennent place dans la section « expérience », et réciproquement. L’œuvre constitue donc moins un diptyque qu’un parcours, où les textes superposent les éléments et entrent en résonance pour proposer une vision globale de l’Homme et du monde.

3. « Une expérience du sacré qui fonde le monde »

La poésie de Blake est marquée par sa profonde originalité : écriture visionnaire et mystique, elle propose une saisie de la révélation par l’image et le Verbe, en recourant aux légendes anciennes et au monde biblique. Le Christ est ainsi saisi comme un avatar du dieu Orc, le Titan. Elle oppose aux règles, aux dogmes, à la raison et à l’arbitraire du signe une recherche des mythes et des archétypes qui permette une approche de la réalité sur le mode du symbole. Cette production romantique, marquée par la pensée de Swedenborg, anticipe sur le surnaturalisme baudelairien ou sur le « génie voyant » de Rimbaud. La mise en tension du bien et du mal et la quête d’une réconciliation — que manifestent, par exemple, « l’Agneau »(Chants d’innocence) et « le Tigre » (Chants d’expérience) — permettent de présenter le bonheur comme une conquête menée contre le mal ; la joie est affirmée, avec la fragilité qui est son essence même.