Quatrevingt-Treize [Victor Hugo]
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Quatrevingt-Treize [Victor Hugo]
4. Nuit et Lumière

Ce dernier des « romans historiques romantiques » (G. Lukács) écrit la « Légende de l’Histoire » en mettant en scène des personnages épiques, mus par des certitudes antagoniques. Au « Vive le Roi » qui rallie les paysans autour de la figure messianique de Lantenac s’oppose le « Vive la République » des soldats de l’An II, que guide un ange humain. Le parti de l’écrivain est clair ; Lantenac est un « effroyable marquis », dévoué à sa cause au point d’immoler l’enfance et la maternité, valeurs absolues, pour sauver son roi. L’humanité de Gauvain, sa pitié, le transforme en « saint Michel combattant Belzébuth » et le terrassant. Mais l’inflexibilité de Cimourdain reflète celle d’une Révolution nécessairement barbare et injuste. Le roman oscille entre ces visages contradictoires, orchestrant une réflexion constante sur l’Histoire. Irrésistiblement dirigée vers le progrès des hommes, celle-ci connaît des soubresauts, des écarts qui ne cessent d’interroger la frontière entre le bien et le mal.