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Dernier Jour d'un condamné, le [Victor Hugo]
1. Présentation

Dernier Jour d'un condamné, le [Victor Hugo], récit de Victor Hugo, publié sans nom d’auteur en 1829.

2. « Ce journal de mes souffrances »

Un condamné, étonnamment « abstrait » (Nodier), dont on ignore le passé et même le crime, tient le compte rendu des jours qui le séparent de son exécution. En quarante-neuf fragments, on le suit, de Bicêtre à la Conciergerie, dans la scansion d’un temps irréversible qui le précipite vers l’échafaud. Les sombres réalités pénitentiaires, les ironies atroces de sa célébrité, les tortures sentimentales des visites, la jubilation du public de la guillotine secouent cet effrayant reportage en direct, écrit d’un couloir de la mort, où la voix du « je » fait alterner le calme lugubre de l’hébétude et la terreur hallucinée des visions.

3. Contre la peine de mort

Surgi des profondeurs d’une répulsion fascinée face au cérémonial des exécutions publiques, ce singulier traité de l’horreur est transformé par la déception de 1830 en machine de guerre, dans une stratégie militante qui identifie l’abolition de la peine capitale au fondement de toute politique civilisatrice. La mobilisation de Hugo ne cessera plus, depuis le tir groupé de 1832-1834 (avec Claude Gueux) jusqu’aux prises de position internationales de l’exil et de la vieillesse (affaires Tapner, 1854, Brown, 1859, etc.).

4. Une « œuvre de ténèbres »

La fiction minimaliste, l’écriture « sensationniste », le vide biographique quasi total du scripteur (qui parvient à impliquer le lecteur dans l’horreur, indépendamment de la question-écran de la faute commise) font de ce monologue impressionnant un prodige littéraire dont les répercussions se suivent, du Dostoïevski de Souvenirs de la maison des morts au Camus de l’Étranger.