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artillerie (arme)
1. Présentation

artillerie (arme), arme de l’armée de terre chargée de l'utilisation des matériels d'artillerie.

2. Historique

Si l'artillerie joue un rôle militaire dès le XIVe siècle, le service de l'artillerie, placé sous la direction d'un grand maître, n’apparaît en France qu'au XVIe siècle, et n’est constitué en corps militaire qu'à partir du XVIIe siècle. D'abord intégrée à l'infanterie, l'artillerie devient un corps royal, qui compte à la veille de la Révolution française sept régiments et près de 47 000 hommes.

À partir du XIXe siècle, une succession d’innovations majeures telles que le chargement par la culasse, le canon rayé, la poudre sans fumée et surtout le lien élastique qui absorbe le recul du canon, entraînent simultanément l’accroissement et l’augmentation de la portée et l’amélioration de la précision.

La Grande Guerre voit le développement d’une artillerie lourde à longue portée : canons tractés de 105 mm puis de 155 mm. L’ensemble de la chaîne de tir se perfectionne, avec des observateurs en ballon commandant leurs batteries par téléphone afin de faciliter les attaques de l’artillerie. La Seconde Guerre mondiale marque un bond en avant avec la maîtrise de techniques comme celles de la radiophonie ou du radar. La rapidité et la fiabilité des transmissions permettent d’accroître l’efficacité des tirs, y compris contre les attaques aériennes. Plus récemment, l’utilisation de techniques comme l’informatique, l’électronique ou l’optronique permet de réaliser des systèmes d’artillerie très performants.

3. Missions

Trois missions sont dévolues à l’artillerie.

1. Les feux dans la profondeur

Grâce aux lance-roquettes multiples et aux canons de 155 mm (auto-tracteurs ou tractés), l’artillerie peut tirer en profondeur, en appui direct de l’infanterie et des unités blindées. Les canons de 155 mm peuvent tirer de façon omnidirectionnelle 6 obus en quarante-cinq secondes, avec une portée de 23,5 à 30 km.

Outre ces moyens spécifiques de tir, l’artillerie dispose de véhicules d’observation et de systèmes de localisation des objectifs. Aidé du système d’automatisation des tirs et des liaisons de l’artillerie (système ATILA), un régiment d’artillerie équipé de chars AUF1 de 155 mm est en mesure de tirer jusqu’à 192 coups jusqu’à 550 m en moins d’une minute. L’artillerie est également équipée de systèmes informatiques de commandement et de gestion des feux.

Au cours des prochaines années, l’artillerie française sera dotée du Caesar, canon de 155 mm monté sur un châssis de camion 6 × 6. Outre sa grande autonomie et sa mobilité, le Caesar peut se mettre en batterie en trois minutes et tirer 6 obus jusqu’à 42 km. Sur route, il atteint une vitesse de 100 km/h et peut parcourir 600 km sans ravitaillement.

2. L’artillerie sol-air

Mis en valeur au cours des récents conflits, les armements sol-air combinent des moyens d’alerte, de détection, d’identification et de tir. Les unités sont dotées de radars et de missiles particulièrement performants, commandés informatiquement. Dès l’apparition d’une crise, les unités d’artillerie sol-air participent en étroite coopération avec l’armée de l’air à la défense de l’espace aérien européen en engageant leurs moyens.

L’artillerie sol-air est équipée de SAMP/T (système d’armes sol-air moyenne portée version terrestre). Les modules de lancement tirent 8 munitions en moins de dix secondes. Les missiles sont soumis au guidage inertiel pendant la première partie de la trajectoire, avec rafraîchissement des informations à chaque tour d’antenne par une liaison montante. Ils sont ensuite dirigés vers la cible par un autodirecteur électromagnétique actif. Le missile peut être tiré jusqu’à 80 km, à plus de 5 200 km/h à une altitude de 20 km. Le système Mistral est quant à lui destiné à la protection antiaérienne de points particuliers et de zones limitées. Sa portée de tir varie entre 600 et 5 000 m avec un plafond de cible limité à 3 000 m.

3. L’acquisition d’objectifs

L’acquisition d’objectifs est une composante de l’artillerie qui est en plein développement, et qui est liée au monde du renseignement. Equipée du CL 289, elle permet le survol du dispositif ennemi dans sa profondeur et la transmission de données concernant le champ de bataille. Cette mission spécifique a été récemment utilisée en Bosnie où le CL 289 a largement montré son efficacité. Il s’agit d’un missile tiré à partir d’un véhicule, qui peut atteindre une vitesse de 720 km/h à une altitude maximum de lancement de 2 700 m. Pénétrant à 150 km au-delà des lignes adverses, sur une trajectoire programmée d’un maximum de 400 km, le CL 289 peut effectuer des prises de vues optiques utiles jusqu’à 900 m d’altitude et en infrarouge jusqu’à 600 m.

4. L’Ecole d’application de l’artillerie

Héritière des régiments des fusiliers du Roy, l’école d’artillerie s’installe à Châlons-sur-Marne en 1790. Le 16 novembre 1800, elle prend l’appellation officielle d’école d’application de l’artillerie. En 1870, elle est transférée à Metz puis à Fontainebleau avant de rejoindre Nîmes en 1940 pour être dissoute deux ans plus tard. Recréée en 1946 à Idar-Oberstein en Allemagne, elle rejoint Mourmelon en 1952 puis Châlons-sur-Marne en 1953. En 1976, elle s’installe à Draguignan où elle est encore aujourd’hui. Chaque année, au mois de juillet, l’école commémore la victoire de Wagram où, les 5 et 6 juillet 1809, la « grande batterie » décida du sort de la bataille.