| Ballets russes | Format lecture | ||||
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| 2. | Des débuts prestigieux |
Créée à Saint-Pétersbourg avec des danseurs issus du ballet Mariinsky, la compagnie créée par le mécène russe Serge de Diaghilev entame dès le printemps 1909 une saison russe à Paris : la première représentation, le 18 mai 1909 au théâtre du Châtelet, présente au public parisien le Pavillon d’Armide (musique de Nicolas Tcherepnine, décors d’Alexandre Benois), Scènes et Danses polovtsiennes du prince Igor (musique d’Alexandre Borodine, décors de Nicholas Roerich), les Sylphides (d’après la Sylphide, sur une musique de Frédéric Chopin) et Cléopâtre (musiques de Nikolaï Rimski-Korsakov, Modest Moussorgski, Alexandre Glazounov, décors et costumes de Léon Bakst), chorégraphiés par Michel Fokine. Les tournées internationales (en Europe, mais aussi en Amérique) qui se succèdent à partir de 1909 sont ainsi l’occasion de révéler au public occidental les meilleurs danseurs et chorégraphes russes, entre autres Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Tamara Karsavina, Ida Rubinstein, Adolph Bolm et Serge Lifar, ainsi que les chefs-d’œuvre des grands compositeurs russes (Modest Moussorgski, Sergeï Prokofiev, Igor Stravinski, Nikolaï Rimski-Kosakov, etc.).
Parmi les premiers grands succès de la troupe figurent les Sylphides (1909), l’Oiseau de feu (1911) et Petrouchka (1912). L’arrivée dans la troupe en 1911 de Vaslav Nijinski, dont la technique non académique et l’interprétation empreinte d’érotisme déchaînent un véritable scandale lors de la création de l’Après-midi d’un faune (1912) et du Sacre du Printemps (1913), permet à la compagnie de prendre un véritable essor. Sous l’influence de Jean Cocteau, qu’il rencontre en 1912, Diaghilev délaisse l’idée d’un ballet exclusivement russe au profit d’une ouverture vers des artistes européens : Pablo Picasso, Henri Matisse, Georges Braque, André Derain collaborent ainsi à la création des décors des Ballets russes, tandis que Georges Auric, Francis Poulenc, Claude Debussy, Maurice Ravel, Georges Rouault signent des compositions originales.