| Ballets russes | Format lecture | ||||
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| 3. | Difficultés financières |
À la suite de la Révolution russe de 1917, qui amène Serge de Diaghilev à rompre les liens avec son pays d’origine, la compagnie ne cesse de connaître des difficultés financières ; elle se partage alors entre Paris et Monte-Carlo. À la suite d’une dispute, Diaghilev chasse Nijinski en 1918 ; ce dernier sombre bientôt dans la folie. Des danseurs d’autres nationalités et de nouveaux chorégraphes, comme Léonide Massine, entrent alors dans la troupe. De cette époque datent des créations comme Parade (1917, musique d’Erik Satie), la Boutique fantasque (1919, décors d’André Derain) et le Chant du rossignol (1920, décors d’Henri Matisse).
En 1921, Serge de Diaghilev recrée, à Londres, la Belle au bois dormant de Marius Petipa, effectuant ainsi un retour forcé au classicisme, excessivement onéreux, qui, de surcroît, ne suscite pas l’intérêt du public, mais continue de vider encore les caisses de la compagnie. Diaghilev s’en remet alors à Bronislava Nijinska, sœur cadette de Vaslav Nijinsky, danseuse de la compagnie depuis 1909, qui chorégraphie Noce d’Igor Stravinski (1923), les Biches de Maurice Poulenc (1924, décors de Marie Laurencin) et le Train bleu de Darius Milhaud (1924, livret de Jean Cocteau, décors d’Henri Laurens et costumes de Coco Chanel).
Un nouveau venu, George Balanchine, devient en 1925 le chorégraphe attitré de la compagnie : il monte Barabau (1925, décors de Maurice Utrillo), le Pas d’acier (1927, musique de Prokofiev) et Apollon Musagète (1928), le premier ballet-manifeste du néoclassicisme.
À la mort de Diaghilev en 1929, la troupe se disperse et plusieurs compagnies réutilisent le nom de Ballets russes (Ballets russes de Monte-Carlo, Original Ballets russes, Ballets russes du colonel de Basil, etc.). Le succès fulgurant et inégalé des Ballets russes de Diaghilev, ses chorégraphies audacieuses, et le recours à des artistes pour la création des décors et des costumes, qui créent ainsi un spectacle total, font des Ballets russes une véritable légende de la danse moderne.