Avignon, Festival d'
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Avignon, Festival d'
3. Ouverture et éclatement

En programmant pour la saison d’hiver du théâtre de Chaillot les pièces jouées durant l’été en Avignon, Jean Vilar crée un lien entre le Théâtre national populaire (TNP), qu’il dirige à Paris à partir de 1951, et le festival. En 1963, il quitte le TNP afin de se consacrer entièrement à la préparation du festival. L’année suivante, il crée les premières « Rencontres d’Avignon » sur le thème du développement culturel. En 1966, le festival est réorganisé et s’ouvre à d’autres troupes que celle du TNP.

Parmi les premiers metteurs en scène invités figurent Roger Planchon, Jorge Lavelli et Antoine Bourseiller (1930- ). De nouveaux espaces scéniques sont créés, notamment aux cloîtres des Carmes (1967) et des Célestins (1968). Le festival accueille également d’autres disciplines artistiques, comme la danse, avec Maurice Béjart et sa compagnie du Ballet du XXe siècle (dès 1966), et comme le cinéma, avec la projection en 1967 de la Chinoise de Godard dans la cour d’honneur du palais des Papes.

En 1968, le festival, qui accueille des compagnies étrangères contestataires telles que le Living Theatre de Julian Beck, est le lieu de manifestations contestataires qui ne remettent cependant pas en cause son existence. Jean Vilar, pourtant ouvert au dialogue avec la jeunesse, est controversé ; il sort meurtri de cette période troublée. L’année suivante, un festival « off » vient compléter le festival officiel (« in ») ; de très nombreuses compagnies, d’abord locales, puis venues des quatre coins de France et de l’étranger, occupent dès lors chaque année tous les lieux de représentation disponibles dans la cité et les environs.