| Avignon, Festival d' | Format lecture | ||||
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| 4. | L’après-Vilar |
Après la mort de Vilar en 1971, Paul Puaux, témoin et acteur de l’aventure, prend la relève. Il accueille la Comédie-Française et des metteurs en scène qui insufflent au théâtre une vie nouvelle (Antoine Vitez, Roger Planchon, Patrice Chéreau, Marcel Maréchal, Georges Wilson (1921- ), Benno Besson). Une esthétique nouvelle se fait jour au travers de spectacles comme Einstein on the Beach de Bob Wilson et Philip Glass, Méphisto d’Ariane Mnouchkine ou la Conférence des oiseaux de Peter Brook. Le festival s’ouvre également au théâtre de geste (mimes, clowns) et de nouveaux lieux sont investis, comme la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, située de l’autre côté du Rhône. Par ailleurs, le critique militant Lucien Attoun propose son Théâtre ouvert où des jeunes metteurs en scène mettent en espace, avec peu de moyens, des textes contemporains.
Bernard Faivre d’Arcier, directeur de 1980 à 1984, opère le réaménagement scénique de la cour du palais des Papes et modernise le festival, qui acquiert le statut de grande entreprise culturelle. Il invite Daniel Mesguich, Georges Lavaudant, Andreï Serban (1943- ), Matthias Langhoff, Mandfred Karge (1939- ), montre un attachement pour les textes contemporains (notamment les Céphéides de Jean-Claude Bailly, en 1983), la danse (Pina Bausch, Jean-Claude Gallotta, Maguy Marin), et tente l’expérience de l’audiovisuel. La durée du festival est portée à quatre semaines.
La direction d’Alain Crombecque (1985-1991) est quant à elle marquée par des spectacles-phares comme le Mahabharata créé par Peter Brook en 1985, dans la carrière de Boulbon, et le Soulier de satin de Claudel par Antoine Vitez en 1987. Le festival innove avec les lectures des poètes contemporains (Michel Leiris, René Char, Louis-René Des Forêts), les projections dans la cour d’honneur de grands films muets avec orchestre et l’ouverture aux traditions musicales extra-européennes.
Bernard Faivre d’Arcier (1992-2003) reprend à nouveau les rênes du festival, avec pour ambition d’en faire un des pôles européens du théâtre. Parmi les spectacles qui font événement ces dernières années, citons les Pièces de guerre d’Edward Bond (Alain Françon, 1994), la Servante d’Olivier Py, présentée vingt-quatre heures sur vingt-quatre (1995), et la Médée de Jacques Lassalle, avec Isabelle Huppert (2000). L’ouverture aux cultures étrangères se poursuit avec le Japon en 1994, la Russie en 1997, Taïwan et la Corée en 1998, l’Amérique latine en 1999, et l’Europe de l’Est en 2000 et 2001. Pour la première fois depuis sa création, le Festival d’Avignon, comme la plupart des festivals français, est annulé en 2003 sous la pression des intermittents du spectacle, en grève, qui réclament l’annulation de la réforme de leur statut. Le festival « off » est cependant en partie maintenu.
En 2003 également, la direction est confiée par le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, à Vincent Baudriller (35 ans), l’ancien administrateur du festival, et la sous-direction à Hortense Archambault (32 ans), affirmant ainsi sa volonté de rajeunir le festival. Il renforce par ailleurs les budgets alloués aux productions du festival. Le nouveau directeur, en accord avec le ministre, a décidé d’associer chaque année un metteur en scène important à la programmation du festival.