| Brel, Jacques | Format lecture | ||||
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| 3. | Des Trois Baudets à l’Olympia : une carrière exemplaire |
Ayant commencé à se produire dans de petits cabarets bruxellois, il est invité à Paris par Jacques Canetti, qui l’engage au théâtre des Trois Baudets où il fait ses débuts en septembre 1953. Très marqué, à l’origine, par une inspiration catholique frisant le prêchi-prêcha — ce qui lui vaut le surnom d’« abbé Brel » —, et desservi par un physique peu conforme aux canons de l’époque et par une certaine gaucherie sur scène, il éprouve des difficultés à s’imposer, et essuie de nombreuses rebuffades avant de connaître enfin le succès grâce à « Quand on n’a que l’amour » (prix de l’académie Charles-Cros en 1957).
Le chef d’orchestre et arrangeur François Rauber, avec lequel Jacques Brel a pris l’habitude de travailler, lui conseille d’abandonner sa guitare ; son expression scénique devient dès lors plus forte, plus convaincante. Dans le même temps, ses textes prennent progressivement une force critique et corrosive qu’il exprime avec une passion et une sincérité qui n’excluent ni la tendresse, ni la lucidité. Enfin reconnu comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de son temps, Brel va mener une carrière éblouissante, dont les grandes pages s’écriront, désormais, à l’Olympia : en 1961, où il passe pour la première fois en vedette ; en 1964, où la création d’ « Amsterdam » fait un triomphe ; puis en 1966, quelques mois avant de faire ses adieux définitifs à la scène.