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Munich, putsch de

Munich, putsch de, coup d'État manqué organisé par le chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), Adolf Hitler, les 8 et 9 novembre 1923 à Munich (Bavière), afin de renverser la République de Weimar.

Dans un contexte économique d'après-guerre difficile, exacerbé par les clauses jugées humiliantes du traité de Versailles (1919), Hitler se propose d'exploiter le mécontentement suscité par l'occupation de la Ruhr par les troupes françaises pour fomenter, avec l’appui du général Erich Ludendorff, un coup d’État contre la République de Weimar. Le 8 novembre 1923, il envahit avec ses SA (Sturmabteilung, « sections d’assaut ») une brasserie munichoise dans laquelle le dirigeant nationaliste bavarois Gustav von Kahr tient une réunion. Il kidnappe le chef du gouvernement bavarois, déclare en son nom la révolution nationale et proclame la formation d'un nouveau gouvernement. Refusant de coopérer, von Kahr organise la résistance à l’aube, et tandis que les 3 000 manifestants du parti nazi tentent de rallier la population munichoise à leur cause, l’armée et la police bavaroise écrasent la rébellion lors d’une fusillade qui provoque la mort d’une quinzaine de putschistes. Ludendorff et Hitler sont arrêtés, la SA et le NSDAP interdits.

S’il constitue un échec total, le « putsch de la brasserie » permet toutefois à Hitler de faire connaître son nom et ses idées à travers toute l'Allemagne à l’occasion du procès qui suit son interpellation. Condamné en janvier 1924 à une peine de cinq ans de forteresse, c’est au cours de son incarcération, réduite à neuf mois, qu'il dicte ce qui deviendra Mein Kampf (« Mon combat ») à Rudolf Hess. La « Marche sur la Feldernhalle » sera commémorée tous les 9 novembre comme une date historique par le parti nazi.