| Courteline, Georges | Format lecture | ||||
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| 3. | Une peinture satirique de ses contemporains |
Dans ses premières pièces, comme les Gaietés de l’escadron (1886) ou Lidoire (1891), Georges Courteline s’amuse à tourner en dérision l’armée. Messieurs les Ronds-de-Cuir (1893) s’attaque aux employés de bureau et aux bureaucrates. Dans sa célèbre nouvelle intitulée Boubouroche (1893), qu’André Antoine lui fait adapter pour son Théâtre-Libre, il prend pour cible la petite bourgeoisie, donnant libre cours à sa verve satirique. Les œuvres suivantes, récits ou pièces de théâtre, sont autant de croquis pertinents de tel ou tel milieu social, saisis sur le vif, mais sans vraie méchanceté. Un client sérieux (1896) et les Balances (1901) visent le milieu de la justice et des tribunaux. Le commissaire est bon enfant et Le gendarme est sans pitié (1899) dénoncent la bêtise et la méchanceté des forces de l’ordre. Enfin, la Peur des coups (1894), Monsieur Badin (1897) et la Paix chez soi (1903) n’ont d’autre prétention que d’amuser la galerie en lui montrant ses propres ridicules.
Dans son œuvre, servie par un style admirable, Georges Courteline a donné une remarquable description des travers de son époque. Dans sa peinture des caractères, il a notamment su utiliser les dialogues pour en faire un des ressorts essentiels de son comique. Représentants d’une classe sociale déterminée (tel le magistrat ou le sous-officier) ou types d’individu au sein d’une même classe (la vieille bourgeoise, l’avare, etc.), ses personnages sont tous d’une médiocrité rare mais remarquable ; les intrigues dans lesquelles ils sont impliqués s’inspirent du quotidien, mais immanquablement l’absurde en surgit.
Auteur apprécié dès son temps, Georges Courteline a été décoré de la Légion d’honneur en 1899 et élu à l’académie Goncourt en 1926.