| Jouvet, Louis | Format lecture | ||||
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| 3. | L’acteur de cinéma et le théoricien |
Outre ses activités d’homme de théâtre, Louis Jouvet a mené une brillante carrière au cinéma. Même si les rapports de Jouvet avec le septième art restent ambigus, le choix de la carrière cinématographique ne répond pas seulement à l’impérieuse nécessité de trouver un financement pour ses mises en scène de théâtre, comme d’aucuns ont pu le dire ; le cinéma est pour lui l’occasion d’affiner son style et son jeu (fondé sur la distance ironique et la causticité), mais aussi sa diction inimitable, devenue célèbre, qui font très vite de lui une vedette cinématographique incontestée. Ses plus grands succès restent Topaze (1932) de Louis Gasnier, Knock (1933) qu’il a réalisé lui-même avec Roger Goupillières, Un carnet de bal (1938) de Julien Duvivier, Drôle de Drame (1937) et Hôtel du Nord (1938), de Marcel Carné, et Quai des Orfèvres d’Henri-Georges Clouzot (1947).
Homme de théâtre accompli, décorateur inventif et régisseur, mais surtout comédien exigeant et metteur en scène novateur, Louis Jouvet a aussi été un théoricien, auteur d’ouvrages de réflexion consacrés au théâtre, mais aussi de livres de conseils pratiques destinés aux acteurs, tels que Molière et la comédie classique (1951), Témoignages sur le théâtre (1951) et le Comédien désincarné (1954).
Enseignant au Conservatoire de la rue Blanche, il met en garde, face aux théories de Bertolt Brecht ou de Konstantin Stanislavski, contre les dangers d’une dépersonnalisation excessive du jeu de l’acteur. Son influence est aujourd’hui universellement reconnue, comme en témoigne notamment le succès retentissant de la pièce inspirée de ses notes de cours Elvire-Jouvet 40, créée à Paris en 1986, imaginée et mise en scène par Brigitte Jacques.