Cukor, George
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Cukor, George
3. Un cinéaste au service de ses actrices

C’est pendant de prolifiques années 1930 que George Cukor s’impose comme « le » directeur d’actrices (woman director en anglais) de Hollywood : Jean Harlow et Marie Dressler dans les Invités de huit heures (Dinner at Eight, 1933), sa première véritable réussite ; Katharine Hepburn dans les Quatre Filles du docteur March (Little Women, 1933) ; ou Greta Garbo, à laquelle il donne son plus beau rôle dans le Roman de Marguerite Gautier (Camille, 1936), d’après la Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils. George Cukor révèle littéralement ses actrices à l’écran, au fil d’une filmographie qui célèbre, non sans ambivalence, la femme en société ; Joan Crawford sert notamment sans ciller le propos misogyne de Femmes (The Women, 1939). Le réalisateur se fait toutefois souvent audacieux et subtil, comme dans Sylvia Scarlett (1935), qui joue brillamment de la confusion des genres (quarante-sept ans avant le Victor, Victoria de Blake Edwards), mais en est durement sanctionné par un échec public sans appel.

En pleine grâce artistique, George Cukor est sollicité par le producteur David O. Selznick pour diriger Autant en emporte le vent (Gone With the Wind, 1939), finalement réalisé par Victor Fleming : après deux années d’investissement, pendant lesquels il forme notamment les stars féminines du film, Vivien Leigh et Olivia De Havilland, et trois semaines effectives de tournage, George Cukor en est finalement écarté sur les pressions de l’acteur Clark Gable, ouvertement hostile au réalisateur.

Les années 1940 marquent une avancée dans la qualité du cinéma de George Cukor, qui offre l’oscar de la meilleure actrice à deux de ses stars, Ingrid Bergman dans Hantise (Gaslight, 1944) et Judy Holliday dans Comment l’esprit vient aux femmes (Born Yesterday, 1950). De la pléiade d’actrices sublimées par le réalisateur se distingue particulièrement Katharine Hepburn, révélée dans Héritage (A Bill of Divorcement, 1932) et qui tourne onze films sous la direction de George Cukor auquel, en tandem avec Spencer Tracy, elle apporte ses plus belles réussites comme Indiscrétions (The Philadelphia Story, 1940) et Madame porte la culotte (Adam’s Rib, 1949).