Cukor, George
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Cukor, George
4. Le temps des chefs-d’œuvre

Après s’être attaché un temps, à la fin des années 1940, à des histoires plus sombres qu’à ses débuts, George Cukor revient à des comédies légères et, bientôt, à des films à grand spectacle, à la gloire des nouveaux écrans larges du CinémaScope. Parmi ces œuvres figure Une étoile est née (A Star Is Born, 1954), comédie musicale qui marque le retour triomphal de l’actrice Judy Garland, aux côtés d’un James Mason prodigieux, et qui s’impose, même dans sa version de cent-cinquante quatre minutes (tronquée par la Warner de vingt-trois minutes essentielles), comme le chef-d’œuvre du réalisateur.

Des choix contestables continuent pourtant d’apporter à George Cukor son lot d’échecs, à l’image de Something’s Got To Give (1962), rencontre par trop décalée entre Marilyn Monroe et Yves Montand, et que la mort subite de la star américaine laisse inachevé.

Deux ans plus tard, Georges Cukor remporte l’oscar du meilleur réalisateur pour My Fair Lady (1964), une comédie musicale ambitieuse servie par Audrey Hepburn, ravissante fausse ingénue confrontée à la haute société londonienne ; le film évoque Born Yesterday, réalisé par le cinéaste quatorze ans plus tôt, en 1950, avec Judy Holliday et William Holden. « Réalisateur des femmes », George Cukor y confirme aussi un talent exceptionnel pour la direction de vedettes masculines. De la même façon qu’il a su tirer par le passé le meilleur parti d’acteurs tels que James Stewart dans Indiscrétions ou Ronald Colman dans Othello (A Double Life, 1947), il permet à Rex Harrison, inoubliable mentor du personnage interprété par Audrey Hepburn, de remporter l’oscar du meilleur acteur.

Après le sommet de My Fair Lady, la carrière de George Cukor se fait brusquement plus discrète, le téléfilm Il neige au printemps (Love Among the Ruins, 1975), avec son « égérie » Katharine Hepburn et Laurence Olivier, en constituant l’ultime surprise. En 1981, son dernier film, Riches et Célèbres (Rich and Famous), malgré ses deux actrices principales (Jacqueline Bisset et Candice Bergen) et de prestigieux seconds rôles, n’évoque que fugacement les meilleures années d’un réalisateur tout entier dévoué à ses interprètes.