| crise économique de 1929 | Format lecture | ||||
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| 4. | La mise en place de politiques dirigistes |
Aux États-Unis, la crise atteint son paroxysme au début de 1933, juste après l’élection du démocrate Franklin D. Roosevelt, en novembre 1932. Dans le cadre du New Deal, le nouveau président accroît les interventions de l’État, lance des programmes d’infrastructures pour lutter contre le chômage et relancer la croissance et entreprend d’assainir l’économie. Ces mesures permettent de restaurer la confiance. Progressivement et par à-coups, la dépression recule, mais c’est l’entrée en guerre des États-Unis, en 1941, qui permet de supprimer totalement la récession.
La politique de Roosevelt est directement inspirée des théories de l’économiste anglais Keynes, pour qui l’État a un rôle régulateur à jouer en cas de défaillance des lois du marché. Une politique de dépenses publiques (distribution sociale, grands travaux) compensant le manque d’investissement du secteur privé et la baisse du pouvoir d’achat doit permettre un retour de la consommation et de l’emploi. Ainsi crise sans précédent du système capitaliste, la crise de 1929 a aussi pour conséquence d’en modifier les structures et de favoriser l’essor d’une politique interventionniste qui se substitue à une économie entièrement libérale. C’est cette orientation qui est également adoptée en Allemagne et en France.
En Allemagne, la crise a des conséquences politiques dramatiques. Le parti nazi accroît son audience auprès des chômeurs auxquels il promet un retour de la croissance (voir national-socialisme). Parvenu au pouvoir en 1933, Adolf Hitler mène une politique d’industrialisation et de militarisation qui permet le retour à l’équilibre mais entraîne l’Europe dans la guerre. Des régimes autoritaires apparaissent également dans les Balkans. D’autres pays tels que le Royaume-Uni et l’Australie se tournent plutôt vers les mouvements politiques de gauche.
En France, le gouvernement de Laval met en place en 1935 une politique de déflation. Il bloque les salaires des fonctionnaires, mais ces mesures se révèlent inefficaces et provoquent une forte agitation sociale. Cet échec et la crainte d’une montée de l’extrême droite, qui s’est manifestée violemment lors de la manifestation du 6 février 1934, provoquent la victoire du Front populaire en 1936. Mais le nouveau gouvernement ne parvient pas à enrayer la crise économique et financière. Touchée plus tardivement que les autres pays par les effets de la crise de 1929, la France n’en est toujours pas sortie lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale.