| Format recherche | Moreau, Jeanne | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Moreau, Jeanne (1928- ), actrice de théâtre, de télévision et de cinéma française.
| 2. | Une formation classique |
Née à Paris, Jeanne Moreau suit contre la volonté de son père les cours du Conservatoire national d'art dramatique. Pensionnaire de la Comédie-Française de 1948 à 1952, elle débute sa carrière simultanément au théâtre et au cinéma. Parmi ses interprétations théâtrales figurent le Cid de Corneille, le Prince de Hombourg de Heinrich von Kleist aux côtés de Gérard Philipe en 1953 et, plus récemment, la Chevauchée sur le lac de Constance (1973) de Peter Handke et le Récit de la servante Zerline (1986) de Hermann Broch, prestation pour laquelle elle reçoit de nombreux prix.
| 3. | Les premiers rôles au cinéma : une actrice moderne |
Au cinéma, elle obtient ses premiers rôles aux côtés de Fernandel dans Meurtres (Richard Pottier, 1950), puis de Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi (Jacques Becker, 1954). Jean Dréville l'engage en 1954 pour interpréter la Reine Margot, rôle dans lequel elle témoigne d'un incontestable érotisme. Toutefois, alors que ces films lui ouvrent une voie d'actrice « classique » toute tracée, Jeanne Moreau révèle un jeu particulièrement moderne dans les deux films qu'elle tourne pour Louis Malle : Ascenseur pour l'échafaud (1957) et les Amants (1958). De même, ses compositions dans des œuvres plus difficiles comme la Nuit (La Notte, 1961) de Michelangelo Antonioni ou Jules et Jim (1962) de François Truffaut contribuent à sa renommée d'actrice exigeante et admirée sans toutefois lui offrir l’adhésion du grand public. C'est dans Eva (1962) de Joseph Losey, puis la Baie des Anges de Jacques Demy, que Jeanne Moreau donne vraisemblablement le meilleur d'elle-même.
| 4. | Une filmographie riche et éclectique, des choix ambitieux |
Dès lors, tout en revenant ponctuellement au théâtre, elle ne cesse d’alterner jeunes cinéastes et grands réalisateurs reconnus, parmi lesquels Luis Buñuel (le Journal d'une femme de chambre, d'après le roman d'Octave Mirbeau, 1964), Louis Malle (Viva Maria, 1965), François Truffaut (La mariée était en noir, 1968), Bertrand Blier (les Valseuses, 1974), André Téchiné (Souvenirs d’en France, 1975), Joseph Losey (Monsieur Klein, 1976 ; la Truite, 1982), Rainer Fassbinder pour son dernier film (Querelle, 1982), Jacques Doillon (l’Arbre, 1982), Michel Deville (le Paltoquet, 1986), Jean-Pierre Mocky (le Miraculé, 1986), José Pinheiro (la Femme fardée, 1990), Laurent Heynemann (la Vieille qui marchait dans la mer, 1991), Theo Angelopoulos — le Pas suspendu de la cigogne (to Meteoro vima tou pelargou, 1991) —, Peter Handke (l’Absence, 1993), Billy Hopkins (I Love You, I Love You Not, 1996), Ismail Merchant (The Proprietor, 1996) ou encore Roberto Andò — il Manoscritto del principe (The Prince’s Manuscript, 2000) aux côtés de Michel Bouquet.
En 2001, Jeanne Moreau incarne une actrice dans Lisa, réalisé par Pierre Grimblat, puis elle endosse avec justesse le rôle de Marguerite Duras dans Cet amour-là (2002) de Josée Dayan, écrit à partir du livre du dernier compagnon de l’écrivain.
Pour la télévision, Jeanne Moreau joue sous la direction de Jean Renoir (le Petit Théâtre de Jean Renoir) en 1969, puis elle interprète The Summer House (Waris Hussein, 1993) aux États-Unis. Elle apparaît également dans Balzac (1999) et les Misérables (2000), œuvres de Josée Dayan réalisées pour la télévision française.
| 5. | Jeanne Moreau, incontournable figure du monde du spectacle |
Jeanne Moreau s'est également essayée à la chanson (en 1964, elle reçoit le grand prix du disque), ainsi qu'à la réalisation, avec Lumière (1976), film d'actrice sur les actrices, étonnamment troublant et émouvant.
Elle est par ailleurs la première femme à avoir été élue à l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France (février 2001).