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Pabst, Georg Wilhelm

Pabst, Georg Wilhelm (1885-1967), cinéaste autrichien, dont le nom est souvent associé à celui de l’actrice américaine Louise Brooks. Né à Raudnitz (aujourd’hui en République tchèque), Pabst suivit les cours de l’école des Arts décoratifs de Vienne entre 1904 et 1906. Il fit ses débuts au théâtre à la même époque et, jusqu’en 1914, suivit les tournées d’une troupe de comédiens. Il fut fait prisonnier par les Français pendant la Première Guerre mondiale.

Son premier film, le Trésor (Der Schatz, 1923), fit de lui le représentant du cinéma muet expressionniste. Dans la même veine, il réalisa Loulou (Lulu, die Büchse der Pandora, 1929) —  film mythique du cinéma muet, tiré de la pièce de Franz Wedekind — et le Journal d’une fille perdue (Das Tagebuch einer Verlorenen, 1929) — rebaptisé par la censure Trois Pages d’un journal, un mélodrame subversif, lumineux, chargé d’un réalisme social d’une rare violence, opposant la morale bourgeoise et ses vices à l’humanité d’une maison close —, tous deux sublimés par la personnalité de Louise Brooks. Les convictions politiques de gauche, manifestes dans Quatre de l’infanterie (Westfront 1918, 1930), l’Opéra de quat’sous (Die Dreigroschenoper, 1931, tiré de la pièce de Bertolt Brecht et de Kurt Weill) et la Tragédie de la mine (Kameradschaft, 1931) déplurent fortement au parti nazi qui interdit ces films dès 1933.

Entre 1933 et 1941, Pabst travailla en France et aux États-Unis. Il se trouvait à Vienne quand l’Allemagne (qui avait conquis l’Autriche en 1938) déclara la guerre aux États-Unis en 1941. Contraint de rester en Autriche, il dut réaliser des films pour le régime hitlérien. Pour le public et la plupart des critiques, il exprima ses convictions antinazies dans deux films réalisés en 1955, la Fin d’Hitler (Der Letzte Akt) et C’est arrivé le 20 juillet (Es Geschah am 20 Juli), films qui décrivent la tentative d’assassinat d’Adolf Hitler perpétrée par Claus von Stauffenberg. Pabst mourut dans l’oubli à Vienne le 29 mai 1967.