Trenet, Charles
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Trenet, Charles
3. Le « fou chantant »

À sa démobilisation, celui que l’on surnomme déjà « le fou chantant » se lance en solo et ne tarde pas à sortir son premier disque, qui contient « Je chante » et « Fleur bleue ». Le public retient surtout la première, qui symbolise à merveille le style Trenet, fait de rythmes syncopés et de textes d’une jeunesse et d’une joie de vivre bien en phase avec la période du Front populaire. Grand prix du disque en 1939 pour « Boum », il triomphe à l’ABC, tandis que Maurice Chevalier, au faîte de sa gloire, fait un tabac en 1937 avec l’une de ses compositions, « Y’a d’la joie ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la presse annonce sa mort, Trenet s’occupe d’organiser le Théâtre aux Armées, avant de reprendre le cours de sa carrière, au lendemain de la débâcle. Il tourne alors pour le cinéma (Romance de Paris, 1941), écrit de nouvelles chansons (« Que reste-t-il de nos amours ? », « Débit de l’eau, débit de lait », « la Mer », « Douce France »), et continue de se produire sur scène, en dépit d’une violente campagne antisémite orchestrée contre lui par la presse collaborationniste. Le fait d’avoir chanté pour l’Occupant lui vaut néanmoins dix mois d’interdiction professionnelle au lendemain de la Libération. Sanction injuste, au terme de laquelle son retour sur scène sera follement acclamé par le public de l’ABC.

Dans l’intervalle, il s’est lancé à la conquête des États-Unis, de l’Amérique du Sud et du Canada, où il songe à s’installer un temps. En 1951, il renoue avec le public français en chantant pendant deux mois à l’Étoile, puis retourne en Amérique latine avant de faire son premier Olympia en 1954, pour fêter ses vingt ans de carrière et son dix millionième disque vendu, avec de nouvelles chansons telles que « Moi, j’aime le music-hall », « À la porte du garage », « Nationale 7 ».